‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 62 sur 283 · Voie, ci-dessus, I, p. 28-39, H» P · texte numérisé non relu

Voie, ci-dessus, I, p. 28-39, H» P

Il8 CONSÉQUENCES DE LA RÉFORME DE LUTHER

Des faits de ce genre et de pires encore se passaient aussi chez les ecclésiastiques et prédicants du protestantisme. Là encore la faute en était aux principes de Luther. Les premiers prédicants furent pour la plupart des prêtres et des moines mariés qui, avec Luther, n'avaient tenu aucun compte du serment qu'ils avaient fait à Dieu. Devaient-ils considérer comme plus sacré le serment fait à leur femme? Pourquoi donc s'étonner que finalement un « ecclésiastique » de ce genre, comme le pasteur Michel Kramer, eût « trois femmes » vivantes? Pourquoi s'étonner que, dans son Avis du 18 août i5a5, Luther ait approuvé le second divorce de Kramer et son « mariage » avec une autre femme, tout comme auparavant il avait approuvé son premier divorce et son « mariage » avec une seconde femme * ? Avec la mise en pratique de ces principes, l'on en vint à l'état de choses qu'en 1576 déplorait l'ancien prédicant luthérien Sébastien Flasch, de Mansfeld : « Sans doute, dit-il, les prédicants sont mariés ; mais ils ne se contentent pas de leur femme ; pour satisfaire leur insatiable convoitise, d'après le conseil de Luther, ils abusent souvent de leurs servantes et, chose scandaleuse, ils n'ont pas honte de faire violence aux femmes des autres, et d'établir entre eux l'échange des femmes 2. Je n'aurais jamais osé mettre de telles affirmations dans un écrit public, si, de ces faits et de beaucoup d'autres, mon long commerce avec les prédicants ne m'avait donné mainte fois l'assurance. » Parlant ensuite d'un prédicant fort en vue, il dit : « // voulait s'entendre avec

1. Voir de Wette, III, 22 (n. 734), et Enders, V, 228-229. a. « Commutationem uxorum. »

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