LES MOEURS DES PRÉDIONTS II
moi sur l'échange de nos femmes, et, quand il vit qu'à aucun prix je ne me laisserais amener à commettre un tel forfait, il essaya même de m'y contraindre. La pudeur ne me permet pas de m'étendre plus longuement sur d'autres hontes du même genre1. »
Qui donc, sinon Luther, fut le père spirituel de cette race? Qui, sinon lui, a poussé les prêtres, les religieux, les religieuses à violer le serment qu'ils avaient fait à Dieu ? Par là, il avait posé le principe autorisant aussi le parjure dans le mariage, ainsi qu'en général toutes les infractions à la parole donnée, infractions dont plus tard il se plaindra si amèrement2, sans vouloir du reste s'en reconnaître responsable. Luimême, par son mariage (i3 juin i525), il mit le sceau à la violation du serment qu'il avait fait à Dieu Qu'auparavant déjà il ait oui ou non péché avec une femme, et que son expression : « Je suis tellement en commerce avec les femmes 3 » doive être prise au pied de la lettre
i. Professio calholica M. Seb. Flaschii (Coloniae, i58o, réimpression dans un recueil de pièces), p. 219-220; cf. Janssen-Pastor, ouv. cité, p. £56.
a. Opp. exeg. lat, V (1039-1 54o), 167-168 : «In nostro saeculo nulla pactorum fides, nulla? syngraphaî, nulla sigilla satis sunt, fraude eiuduntur et vi turbantur omnes contractus. »
3. « Sic raisceor feminis. » Enders, V, 157 (16 avril i52o). Le 6 novembre i523, il emploie l'expression misceri feminis pour Jluxus seminis alicujus si mulieri misceretur (Enders, IV, 2 55). En i52o aussi il se sert de cette expression pour désigner l'union charnelle. (Weim., VI, 558). Hutten traduit stuprum infcrrc par un dérivé allemand de miscere (sich vermischen : se mélanger), ou, selon Varnbûler, par schandcn « violer ». S. Szamatôlski, Ulrichs von Hutten deulsche Schriften (1891), p. 12. Naturellement, dans l'expression de Luther, les écrivains protestants ne veulent