COU SEQUENCES DE LA. REFORME DE LUTHER
ou comme une plaisanterie, la question, comme je l'ai montré ailleurs1, n'a pas une grande importance. Il y a un point de certain : comme l'écrit Mélanchthon, qui lui fut lié si intimement, Luther était « un homme extrêmement léger 2. Les religieuses (qu'il avait fait sortir de leur couvent) 3 avaient disposé autour de lui leurs filets avec une grande habileté, et elles l'y avaient fait tomber. Le commerce fréquent avec ces religieuses l'aurait peut-être amolli et enflammé, même s'il avait été d'une nature noble et de sentiments élevés4. » Il est
voir qu'une plaisanterie ; il ne faut prendre ces mots au sérieux que lorsqu'il s'agit d'un « célibataire romain», pour employer le mot indigné de Lutherophilus, l'anonyme sous lequel se cache Wilhelm Walther (Das sechste Gebot und Luthers Leben, i8g3, p. 5i). Walther est très ennuyé du misceri feminis de Luther. Voir le même ouvrage, p. 80. [Voir désormais, du même auteur, Fur Luther wider Rom, 1906, 6/19-650, et Benrath, Luther im Kloster, 1905, p. 70. — Dans cette expression, Grisar lui aussi voit une plaisanterie, mais une plaisanterie déplacée, car cette expression a bien d'ordinaire le sens que Denifle indique ici, et c'est à ce sens que Luther fait allusion. (T. I, p. 443,111, ioio-ioii.)]
1. Luther aux yeux du rationaliste et du catholique. (Ci-après, t. IV, p. ii 6, note 1.)
a. C'est là l'interprétation la plus bénigne du grec eativ ô âv^p ûç [xiXtata eô^spVjç.
3. Ces mots sont une explication que j'ai ajoutée au texte (note de l'auteur).
4. Melahchthon's Brief an Camerarius ùber Luther's Heiral vom 16. juni 1525, vom P. A. Kirsch (Mainz, 1900), p. 8, n. Naturellement Kolde trouve cette lettre « inconvenante » (Martin Luther, II, i8g3, p. ao3). Il connaissait dès lors le texte original de Mélanchthon, rétabli déjà par W. Meter et Drlffel dans les Sitzungsberichte der philos. -philol. Klasse de l'Académie de Munich (1876), t. I, p. 601 et suiv., et il avait pu voir que souvent Camerarius met sur les lèvres de Mélanchthon tout l'opposé de ce qu'il a réellement écrit (voir Druffel, loc. cit., p. 4q5) ; il n'en a pas moins eu l'audace d'accoler les deux textes et d'écrire : « Les religieuses avaient pris dans leurs filets et avaient amolli cet homme