‹ Luther et le luthéranisme; étude faite d'après les sourcesChapitre 82 sur 283 · Enders, V, p. 390, n. 7 (i5a · texte numérisé non relu

Enders, V, p. 390, n. 7 (i5a

3. Dans Herzog, Dos Leben des Joh. Oecolampadius und die Reformation zu Basel. i843, II, 291,

« TOUT APOSTAT EST UN CALOMNIATEUR )) l5l

les vœux monastiques, ainsi que ses productions postérieures, sont une preuve du vieux dicton : « Tout apostat est un calomniateur de son ordre. » Luther pouvait trouver une allusion à ce dicton dans les actes mêmes d'un chapitre général de son ordre, tenu à Toulouse en 1 34 r , sous le généralat de Jacques de Sienne1. « Tout apostat est un persécuteur de son ordre » : c'est là un proverbe qu'enseigne l'expérience, et que les premiers adversaires du luthéranisme n'oublièrent pas de jeter à la face de leurs anciens confrères, maintenant défroqués, calomniateurs sans pudeur et sans retenue 2.

Ce chapitre va compléter ceux qui précèdent; il achèvera de fournir au lecteur les éléments pour une appréciation exacte de la bassesse du point de vue où s'est placé Luther après son apostasie, pour juger les ordres religieux 3.

1. Ms. Virdun. (m, fol. 197 : « Quoniam effrenata apostatafum dampnata temoritas nonnunquam, in Romana pracipue curia, ordinis famam dénigrât vel obnubilare frequencius posset, quaproptcr statuimus... Apostatœ fratres et ordinem infamantes, quo3 a malo timor Dei non revocat »...

2. Par exemple Schategeyer et Usingen. Voir N. Paulus, Kaspar Schatzgeyer. p. 69-70 ; Der Augmtiner Barthol. Arnoldi von Usingen, p. 37, 56.

3. Ce chapitre contient plusieurs documents nouveaux fort importants ainsi que des vues intéressantes. Toutefois, il semble trop souvent répéter ce qui a déjà été dit, par exemple clans le S a. On dirait qu'avant de quitter son sujet, l'auteur veut utiliser toutes les notes qui lui restent. Quoique mieux composé, l'ouvrage do Grisar produit çà et là une impression semblable : voir t. I, p. 227-2A6. (N. d. T.).

l52 TRIVIALITÉ DE LUTHER

Si. — Vulgarité et grossièreté de Luther dans ses appréciations sur les prêtres et les religieux.

Plus Luther avança en âge, plus son langage devint grossier. C'est alors que nous lui entendons dire : « Les nonnes sont ainsi appelées d'un mot allemand ; c'est le nom qu'on donne aux truies châtrées ; et les moines tirent leur nom des chevaux (c'est-à-dire d'un mot qui désigne un cheval châtré). Mais ils sont encore faibles, et ils sont obligés de porter des braies comme tout le monde1. » Quelle trivialité! Wrampelmeyer veut bien nous apprendre que les mots nonne et moine ne viennent pas de l'allemand, comme le pensait Luther 2. Quelle ignorance les protestants ne suppo-

i. « Nonnœ sic appellantur a germanismo, quia castrat.TR sues sic vocantur, sicut monachi ab equis. Aber sie sind nicht recht geheilet, mûssen ebenso wohl Bruche tragen wie andere Leute ». Wrampelmeyer, Tagebuch uber D' Martin Luther, gcfûhrt von G. Corda/tus, 1537 (i885), p. 34o, n° 1375 ; Lôsche, Analecta Lutherana et Melunthoniana, p. 25a, n°39i.

2. Loc. cit. — Lôsche, au contraire, n'ose pas corriger son Réformateur ; en note, il se borne à expliquer l'étymologie de Luther I

(N. d. T.) Voici les annotations de Wrampelmeyer et de Lôsche.

Wrampelmeyer : « Die Nonne : verschnittenes iveibliches Schwein. Le même mot Nonne (nonna, vdwoc) : religieuse... Comparer le moyen allemand nunnen: castrieren ; et le substantif Nunnenmacher : Schweineschneider... — Der Monch (monachus, (xova^ôç) : verschnittenes mànnliches Thier. Comparer le moyen allemand monchen : castrieren. Les mots nonne et moine ne viennent donc pas de l'allemand comme Luther le croit, mais au contraire les expressions allemandes nonne et moine pour signifier une truie et un cheval châtrés viennent de l'antiquité... »

Lôsche ; « Nonne ; verschnittenes iveibl. Schwein. — Mitteld. nunnen : kastrienen; Nunnenmacher : Schweineschneider. — Monch : versch nittnes mànnl. Tier; Mitteld. monchen : kastrieren.

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