Jean, iv, a
ftAINE DE LUTHER CONTRE LE PAPE 169
que c'étaient chez les ordres religieux, spécialement chez les ordres mendiants, notamment chez les franciscains et les dominicains, que l'Eglise trouvait ses plus puissants renforts1. Pour mieux atteindre l'Eglise, il lui fallait donc en finir avec les ordres ; et pour détruire les ordres, il devait d'un côté amenerles religieux à rompre leurs vœux et à abandonner le cloître ; de l'autre les rendre odieux au peuple qui leur était plus attaché, et particulièrement aux moines mendiants, qu'au clergé séculier.
Sur le premier de ces deux points, comme nous l'avons déjà vu2, il écrivait de la Wartbourg à son ami Gerbel : « Philippe (Mélanchthon) et moi, nous avons formé une puissante conjuration contre les vœux des religieux et des prêtres, pour les supprimer et les détruire. Oh î ce scélérat d'Antéchrist avec ses écailles, comme il a été utile à Satan pour porter le ravage dans tous les mystères de la piété chrétienne ! Salue ta femme... Tu es heureux, toi, qui par un honorable mariage as vaincu cet impur célibat que condamnent ses perpétuelles ardeurs et ses pollutions immondes...
x. Il dit dans les Propos de Table (éd. Fôrstemann, III (i846), 386) : « Les Augustins et les Bernardins n'étaient rien en comparaison de ces sales pous ». — P. 388 : « De tous les moines, les Prêcheurs et les Mineurs ou déchaussés ont été les principaux et les plus puissants représentants du pape. La dominicaine est le glorieux et magnifique soutien et appui du pape. Volontiers ils tireraient parti de la honte d'autrui en diffamant les gens ; ils ho peuvent tolérer personne de savant ; ils voudraient être les seuls à l'être. » — P. 290: les deux ordres mendiants ont été les colonnes de la papauté. — P. 398 : « Les moines avaient le vulgaire dans leurs mains ». « Les monastères étaient les meilleur* filets du pape ».