Tagcbiich Uber Luther, von Cordatas, p. ^62, n. i
possédait plus « l'expérience de la foi ; » il éprouvait, au contraire, combien il est difficile de croire fermement 1. 11 fit alors une expérience analogue à celle de i5i4 et de i5i5 : dans sa lutte contre la tristesse et le désespoir, sa foi lui servit aussi peu que jadis sa justice personnelle contre les assauts de ses passions. En temps de paix, la concupiscence lui avait paru facile à vaincre ; mais lorsqu'elle était devenue plus violente, elle lui avait arraché ce triste aveu : La concupiscence est absolument invincible ^. De même qu'au début, la justice qu'il s'était efforcé d'acquérir par lui-même ne lui avait servi de rien, ainsi plus tard, sa foi (le succédané, le remplaçant de cette justice) le laissa tout aussi bien dans l'embarras. C'est ce qui se produisait surtout lorsqu'il était seul : « Alors, dit-il (plutôt que de rester dans cette solitude), je vais trouver mon porcher Jean, ou je vais même avec les pourceaux 3. » Et c'est alors aussi que l'habileté dont nous avons parlé au chapitre précédent * se révéla comme une pure fiction. De même qu'autrefois, dans ses luttes contre ses passions, il avait fini par abandonner sa justice personnelle et la lutte elle-même, de même ici, il eut vite fait d'abandonner la foi et de recourir à d'autres
1. (( Diffîculter haec doctrina retinetur. Dum extra tentationem sumus, videtur esse facilis ; sed cum tempus pacis abiit, etsumus positi in cogitationibus irc-e Dei, tum experimur, quanti negotii sit hoc fîrmiter credere». Opéra exeg. lat., XIX, gS (iSSa, édité en i538).