‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 9 sur 278 · LUTHER ET LES TENTATIONS · texte numérisé non relu

LUTHER ET LES TENTATIONS

était tombé dans une profonde mélancolie, Luther ne trouvait pas non plus d'autre remède à proposer : Weller devait se procurer des émotions de plus en plus fortes, plaisanter, folâtrer avec d'autres femmes que la sienne, pécher par haine et mépris du diable, etc. *. Mais rien ne put enlever à Weller le sentiment de ses péchés ; à mesure qu'il avança en âge, sa mélancolie devint plus sombre et plus torturante ; u dans un état aussi désespérant, disait-il, un païen ne manquerait pas de recourir au suicide 2. »

Où est donc ce fruit si fameux de la foi, cette fameuse certitude du salut, cette assurance que mes péchés se reportent sur Jésus-Christ, tandis que sa justice se reporte sur moi ? Que devient cette pensée si consolante que Jésus-Christ est pieux à ma place ? Hélas ! à l'heure de la tentation tout cela apparaît de qu'il est en réalité, c'est-à-dire un pur néant : « Moi, dit Luther, qui dans mes cours, dans mes sermons, dans mes livres ai si souvent parlé de la manière de vaincre les tentations de tristesse, je me mets souvent en colère contre moi de ne pouvoir moi-même arriver à les chasser 3. »

Lorsque la doctrine de la foi qui suffît à produire le salut ne lui était pas nécessaire, c'est-à-dire « dans les périodes de paix », cette doctrine ne souffrait pas pour lui la moindre difficulté ; mais la paix venait-elle à disparaître, la tentation surgissait-elle, alors il ne

I. Enders, VIII, iBg-iGo. Voir, ci-dessus, t. II, p. i3o-i3i. a. Dôllinger, Die Reformation, II, igS [traduction Perrot, II, 18Z19, p. 189].

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