‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 11 sur 278 · LIVRES DE CONSOLATION · texte numérisé non relu

LIVRES DE CONSOLATION

moyens dont il nous parle avec un incroyable cynisme K

11 en fut de même pour ses élèves et ses autres adeptes. A partir de i53o, époque où sa doctrine était complètement entrée dans la pratique, ce fut partout un accroissement de mélancolie, de sombre tristesse, de désespérantes angoisses, de doute en la grâce divine et de suicides. Dans les moments critiques, là où le nouvel Evangile devait avoir une efficacité magique, on ne trouve chez Luther et les siens aucune trace de cette fameuse certitude si consolante d'être indissolublement uni à Dieu. Après plus de mille ans d'oppression, de doutes, d'angoisses dans la vie et dans la mort, cette génération, délivrée enfin du joug de la papauté, devait évidemment profiter du a joyeux message de Luther à la chrétienté 2, secouer la pusillanimité, la crainte et le doute, et être animée d'une ferme confiance dans le Christ qui dit à l'âme malheu • reuse : a Je suis ton salut ! » Et voici que tout au contraire, la réaction qui suit cette oppression prétendue donne une génération malheureuse pour laquelle, à partir de i53o, on ne peut écrire assez délivres de consolation contre la peur de la mort et de la colère de Dieu, contre la tristesse et la mélancolie, contre le doute à l'endroit de la grâce de Dieu et du bonheur

1. KoLDE reconnaît que dans les œuvres polémiques des dernières années de Luther « la verdeur va parfois jusqu'au cynisme ». Mais lorsqu'il ajoute que cette verdeur n'atteint pas celle de ses adversaires, il commet une de ces inexactitudes dont il est coutumier. (Martin Luther, II, 624). Voir ci-dessous l'art II.

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