EMBARRAS DES HISTORIENS PROTESTANTS I^I
Occident n'en sera pas atteinte ; elle est au-dessus de tout dénigrement, comme aussi de toute palliationJ. » En fait de grandes phrases creuses, les historiens protestants ont une supériorité indiscutable. Ce qu'on vient de lire le montre une fois de plus. Assurément Luther fut l'homme le plus puissant, ou plus exactement le plus violent de sanation, mais nullement dans les qualités, qui seules pourtant établissent la valeur personnelle d'un homme. Si Bezold (pour ne rien dire de son imitateur Lôsche) était si aveuglé sur l'esprit de mensonge de Luther, sur sa déloyauté et sa perfidie dans la lutte contre l'Eglise, sur son hypocrisie et sa dissimulation, sur son orgueil et son entêtement, sur ses haines, ses rages et ses colères, sur sa violence et ses emportements sur sa manie de diffamer, sur ses calomnies et ses injures qui dépassent toute mesure, sur son amour du plaisir et son penchant à la boisson, sur son infidélité à Dieu par la rupture de ses vœux ; alors il était incapable d'écrire avec impartialité et sans préjugés une histoire de la Réforme. Si, au contraire, il ne cherchait qu'à aligner des phrases, alors il pouvait parler des « traits petits et sans beauté » qui ne se rencontrent pas seulement chez Luther, mais « chez tout fils de la terre, même le plus noble. » Mais si l'on a vraiment étudié la vie du Réformateur, on reconnaîtra que grâce à Dieu les défauts de Luther sont loin de se rencontrer
I. Fr. von Bezold, Geschichte der deiitschen Reformation, 1890, p. 764. C'est moi qui souligne. Naturellement, Lôsche nomme Bezold « le brillant et victorieux Anti-Janssen» I C'est un concours d'hyperboles !