‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 102 sur 278 · QUE PENSER DES OBSCENITES DE LUTHER · texte numérisé non relu

QUE PENSER DES OBSCENITES DE LUTHER

chez tous les fils de la terre, et qu'ils ne se trouvent jamais chez les plus nobles.

Ses grossièretés, obscénités, vulgarités et trivialités, ses crudités ou verdeurs, tiennent-elles aussi à tout fils de la terre, même le plus noble ? Ou bien Bezold se place-t-il à un point de vue où il ne peut les remarquer, ou qui les lui fait regarder comme quelque chose d'insignifiant? Et cependant elles sont si bien au premier plan et dans toute leur laideur, qu'il n'est vraiment pas besoin de « petits esprits » pour les (( rechercher. »

Les explications boiteuses de Bezold et autres historiens protestants, leurs phrases creuses, parmi lesquelles celle sur le « cœur de Luther, droit et plein de bonté », dénotent simplement leur grand embarras. Ils sentent que père de la « Réformation évangélique », (( homme de Dieu )), et « vase d'élection », Luther devinait être « au-dessus de tout dénigrement et de toute palliation ». Seulement, entre être et devoir être il y a de la distance. Délaces échappatoires : Luther fut l'enfant de son siècle, il parla comme le peuple, ses contemporains ne firent pas mieux.

Assurément, personne ne niera qu'à cette époque, en Allemagne et ailleurs aussi, il n'y eût des gens dont la vie et la langue manquaient également de retenue. 11 me suffit de rappeler le peuple ; or, comme Wrampelmeyer aime à le rappeler, « Luther parle la langue du peuple » *. En outre personne n'ignore ce que dans l'Italie de la Renaissance a produit « la littérature

Page 1