Ci-dessus, p
LUTHER EN REGARD DES SAINTS l5l
tion morale de son époque ; c'est ce que fait le vrai catholique; c'est ce qu'il a toujours fait, même au temps de Luther. A plus forte raison les héros du christianisme, qui possèdent les vertus à un degré héroïque, doivent-ils, dans leur vie, leurs paroles et leurs écrits, être au-dessus de la dépravation morale de leur siècle, alors même que par ailleurs il y aurait encore en eux des défauts et imperfections. Les saints de l'Eglise catholique, ceux-là présisément qui vécurent au xv!*" siècle, ne sont pas seulement au-dessus de l'abaissement moral de leur époque, dont la langue grivoise retentit à leurs oreilles, ils ne se contentent pas de pratiquer ces vertus que le coryphée du luthéranisme avait si gravement affaiblies et méprisées : par leurs paroles et par leurs actes, ils exercent encore une sainte influence sur une foule d'hommes, de femmes et d'enfants ; dans le monde et le cloître, dans le sacerdoce et l'état laïque, ils relèvent les malheureux du bourbier du vice ; bon nombre d'entre eux fondent même des sociétés de prêtres et de laïques, qui s'obligent rigoureusement, d'abord à se sanctifier eux-mêmes, puis à travailler à la sanctification de leur prochain par le bon exemple, par un ministère zélé, par un travail assidu et par la digne célébration du service de Dieu. Sans cesse ils se redisent : Nous sommes les enfants de l'éternité ; le temps n'a de valeur qu'autant qu'il est ordonné en vue de l'éternité.
Au contraire, surtout à partir de i5i5-i5i6, le héros et le coryphée du luthéranisme se rabaissa toujours davantage au niveau de son grossier entourage, jusqu'à ce qu'enfin il demeura dans le bourbier sans pou-
l52 QUE PENSER DES OBSCENITES DE LUTHER?
voir en sortir. De même que les meilleurs catholiques se perfectionnent toujours davantage et s'élèvent de plus en plus au-dessus du terre à terre, ainsi le plus grand luthérien s'enfonça de plus en plus dans la décadence morale et le cynisme. Je n'ai pas besoin de le prouver, c'est Kolde lui-même qui nous l'a dit.
Non content, de ne rien faire pour relever le niveau moral de son entourage, pour améliorer la vie scandaleuse d'un grand nombre de prêtres et de religieux, pour les retirer du marécage du vice, Luther les poussa encore plus profondément dans l'abîme, il travailla, à jeter le mépris sur le célibat et la chasteté, sur le serment juré à Dieu ; il provoqua prêtres et religieux à rompre publiquement leurs vœux, à séduire et à profaner des religieuses ; enfin à la parole, il ajouta l'exemple. Puis, au lieu d'exercer une sainte influence sur l'état du mariage, il considéra le mariage à un point de vue absolument grossier et bestial, il lui enleva son caractère de sacrement, il formula des principes qui poussaient à la rupture des liens du mariage, fut cause d'une multitude d'adultères, et de la vie scandaleuse que jeunes et vieux ne rougirent plus de mener. Et, pour sa vie personnelle le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il vécut sans renoncement à soi-même ; sans maîtrise sur soi-même, il se laissa aller, à la manière de son entourage corrompu. « Si tu veux vivre avec les loups, écrit-il, il faut savoir hurler avec euxi ». Déjà en i52 1, nous le voyons à la Wartbourg complètement esclave de ses instincts sensuels 2, et il restera