‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 108 sur 278 · Ci-dessus, t. III, p · texte numérisé non relu

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3. Dès lors, Kolde ne témoigne-t-il pas d'un singulier aveuglement, en terminant ainsi sa biographie de Luther : « Luther a montré la voie à son Allemagne comme personne ne l'a fait avant

l54 QUE PENSER DES OBSCÉNITÉS DE LUTHER?

Maintenant plus que jamais, nous sommes portés à dire très haut : Luther, Dieu n'habite pas en tolK

lui ou après et malgré elle. la haine aveugle de ses adversaires daujourdhni publie elle-même son immortelle grandeur.» (Martin Luther, II, 564). Quelle grandeur, Cher Monsieur P Nous venons de donner la réponse : Luther a mis le comble au courant de la décadence.

I . En résumé, tous, protestants comme catholiques, reconnaissent que lom de dimmuer, la violence et la crudité de la langue de Lu her s accrurent avec l'âge. Les protestants ont cherché à excuser cette intempérance de langage ou même à montrer qu'elle n'avait pas besoin d'excuse. Je compte au moins quatre explications de ce genre.

Fôrstemann dit : Autrement, il n'aurait pas réussi : à elle

T\ ^fïy^''^l^J^'l }^ ^°^''^' ^" Mélanchthon ? (Serapeum, Zeitschrift fur Bibhothekwissenschaft, i8/,i, p. 36). C'est possible • mais sans leurs guerres, Mahomet et ses successeurs, eux non plus n auraient pas réussi. De ce qu'ils ont réussi, s'ensuit-il aussitôt que le Mahométisme soit voulu de Dieu ?

Walther dit : Si Luther parlait ainsi, c'était par l'ardeur d'une conviction qu'il voulait communiquer aux autres. Fur Luther imeder Rom, 1906, 617, etc.). Ce n'est là qu'un pieux verbiage. Car 11 reste a chercher pourquoi Luther a cru que par là il communiquerait mieux ses convictions. Cette croyance qu'il pouvait ou même devait s'aider de la violence et de l'obscénité ne pouvait venir que de deux sources ; ou de lui-même, ou de la mentalité de ses contemporains.

De fait, chez Walther et d'autres écrivains protestants, on trouve ces deux excuses.

Depuis l'âge de quarante ans, dit Bôhmer, Luther fut de plus en plus souffrant. C'est à ses souffrances qu'il faut attribuer ses violences et ses crudités toujours croissantes (H. Bôhmer Luther m Lichte^ der neuren Forschuncj, 2' éd., 1910, p. n^). Il est trop certain que la santé a une influence souvent immense sur 1 intelligence le caractère et le style des écrivains. Mais, par parenthèse, Luther n'était-il pas en partie responsable de ses souffrances ? Sa grande maladie dit Bôhmer, devait être la goutte • or ce nest pas d'ordinaire la maladie des buveurs d'eau. En outre, et nous revenons ici à notre sujet, plusieurs saints ont beaucoup souffert, et ce n'est pas par les violences de langage,

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moins encore par les grossièretés et les obscénités qu'ils se sont soulagés.

Enfin, on parle de la langue de l'époque : c'est l'explication la plus courante. Sans doute cette langue était libre. Mais même alors il serait difficile de trouver un écrivain aussi inconvenant que Luther, sinon chez les pornographes attitrés. Et puisque Luther était le grand Réformateur religieux, il devait réagir contre cette tendance de son époque, au lieu de l'accentuer. Il ne serait sans doute même pas difficile de prouver qu'en général au milieu du XVI' siècle les grossièretés devenaient moins habituelles qu'à la fin du xv° : tandis que l'époque s'épurait, Luther et son entourage devenaient plus inconvenants. (N. d. T.).

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