Harnack : ci-dessus, t. II, p
24 LA DOCTRINE DE LUTHER ET LA PAIX DE l'aME
éternel ^. Jusqu'alors on n'avait rien vu de pareil. Dans le spectacle que nous offrent ici les prédicants, il y a une ironie amère : ils ne savent comment vanter la consolation qu'apporte le nouvel a Evangile )), en regard de l'angoisse que produisait la doctrine catholique, et pourtant, ils sont forcés d'attirer publiquement l'attention sur l'accroissement de la tristesse et du suicide. Dès i532, année où, si je ne me trompe, parut le premier livre de consolation à l'usage des protestants, Luther était contraint d'avouer que Satan éprouvait la conscience par le mensonge, en lui reprochant ses péchés (et en la poussant par là à la
I. Ainsi, Urbanus Regius^ publia, à Wittenberg, en iSSa : Gewisse 1ère, hewerter und uniïberwindlicher trost wider verzweiflung der Siinden halben : Doctrine sûre et éprouvée de consolation invincible contre le désespoir à cause de ses péchés. Dans la suite, soit tel quel, soit avec des remaniements, cet ouvrage fut souvent réédité, en allemand ou en latin. Puis, surtout à partir du milieu du XVI* siècle, les prédicants protestants publièrent de nombreux écrits du même genre. Dans le Supplément scientifique de la Germania (1897, n° 18, p. 187 et suiv.), N. Paulus a donné une longue liste, et pourtant dans un genre limité, d'opuscules pro-testants du xvi* siècle contre la mélancolie. Draudius indique un nombre considérable d'ouvrages dans le même sens, jusqu'au commencement du xvii* siècle : G. Draudius, Bibliotheca librorujn germanicorum classica Francfort-sur-le-Main, 1611, pp. ii-\li. 55-56, 89-go, ii3-ii/i, 120-121, i3i-i32, 182-188, 195-200, 222 ; voiries titres : Anfechtung (tentation) ; Creutzbûchlein(opuscules sur les croix) ; Gew^issen (conscience) ; Jûngster Tag (jugement dernier) ; Krankentrost (consolation des malades) ; Melancholia (mélancolie) ; Sterbgedanken, Todengedanken (pensées sur la mort) : Trostbûcher (livres de consolation) ; Trostpredigten (sermons de consolation). (Ces deux derniers articles sont très riches). (A la bibliothèque du Vatican, dans les imprimés du fonds Palatin, on trouve un assez grand nombre de ces ouvrages et autres semblables).