‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 114 sur 278 · I. Weim., VIII, 286-287 (i52r · texte numérisé non relu

I. Weim., VIII, 286-287 (i52r

l'ancien testament et j.-c. : u opposition » 167

l'Evangile tout entier 1. » Le Christ et la Loi sont en opposition irréductible 2. « La Loi ne révèle pas le Fils de Dieu, mais elle montre le péché, effraie la conscience, révèle la mort, la colère et le jugement de Dieu et l'enfer, et en tout cela il n'y a rien du Fils de Dieu. C'est l'évangile qui nous enseigne ce qu'il est, et il n'admet aucune loi 3. » Mais s'il en est ainsi, la Loi et en général l'Ancien Testament ne sauraient contenir le Christ ni la foi au Christ ; ils nous révèlent bien plutôt «le démon que le Christ, tant est grande la répulsion que Luther manifeste contre la Loi. Dès lors, la phrase de Luther n'est plus qu'une phrase creuse dont il a embarrassé a la théologie protestante » ; de (( l'Eglise protestante », on sait qu'il n'y a pas lieu de parler.

Cette plirase n'a de sens que dans la doctrine catholique que saint Thomas d'Aquin expose parfaitement, notamment pour ce qui est de l'ancienne loi, lorsqu'il dit c'était que de deux manières qu'elle conduisait au Christ, premièrement en parlant du Christ, secondement, en disposant les hommes au règne du Christ, parce qu'elle les retirait de l'idolâtrie et les unissait

1. In Gai. (i535), I, 172. — Ibid., p. 86 : « Non solum obscurat cognitionem gratiae, sed Ghristum cum omnibus suis benefîciis tollit et totum Evangelium. » — Voir aussi, ibid., p. ii3.

2. Ibid., p. 85 (ci-dessus, III, 3G6); voir aussi, p. 3o2 ; Erl., 5i, 297 (1624 ?), où l'on apprend que la Loi est opposée aussi au Saint- Esprit.

i. In Gai., l, ii2-ii3 (ci-dessus, III, 34i). Voir des développements à ce sujet, ci-dessus, t. III, 3o8 et suiv. (le S 5), surtout p. 359 et suiv.

l68 IGNORANCE DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE

dans le culte d'un seul Dieu, qui devait sauver le genre humain par le Christ K ))

Chez Luther, la doctrine qui nous montre la Sainte Ecriture toute remplie du Christ n'a eu son plein sens que lorsqu'il pensait encore en catholique. De fait, dans ses Dictées sur les Psaumes, il la présente avec toutes les variations possibles, sans laisser jamais soupçonner qu'il s'imagine être le premier à avoir fait cette découverte 2.

Mais, en voilà assez sur ce point. Tout lecteur intelligent en arrivera sans peine à cette conclusion que les théologiens protestants ne comprennent même pas leur Luther.

I. « Lex vêtus a bono Deo data est, qui est Pater Domini nostrl Jesu Christi(l Cor., i, 3). Lex enim vêtus ordinabat ad Christum dupliciter : uno quidem modo testimonium Christo perhibendo. Unde ipse dicit (Luc. ult.) : « Oportet impleri omnia quœ scripta sunt in Lege, et in Psalmis, et in Prophelis, de me; » et (Joan., V) : « Si crederitis Moysi, crederetis forsitan et mihi, de me enim ille scripsit». Alio modo per modum cujusdam dispositionis, dum retrahens homines a cultu idololatrias, concludebat eos sub cultu unius Dei, a quo salvandum erat humanum genus per Christum». i' 2", qu. 98, a. 2. — Conrad Kœllin écrit dans son Commentaire sur ce passage : « Vêtus Testamentum a Deo testimonium perhibuit Christo, ut Christus potuerit se ostendere auctorem legis et Messiam per auctoritatem scripture et vêtus testamentum. » Dans le même sens. Ferez de Valence écrit dans son ouvrage sur les Psaumes (Centum quinquaginta Psalmi davidici, Lugduni, i5i/i, f. 86, sur le ps. 2/i) : u Lex vêtus nihil aliud fuit nisi quedam via dirigens in Christum tanquam in finem immedialum, et ideo nusquam petit regnum celorum, sed semper petit Christum Messiam futurum, qui doceat viam in regnum celorum. » Voir aussi Gai., 3, 2/1.

2. Voir, par exemple, Weim., III, i3 (il y renvoie à Jean,5, 3o); 46,63; IV, i53, etc. (i5i3-i5i5).

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