‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 13 sur 278 · LA. TRISTESSE CROISSANTE. TENTATIONS DE SUICIDE · texte numérisé non relu

LA. TRISTESSE CROISSANTE. TENTATIONS DE SUICIDE

tristesse) ; et qu'il tentait le corps par l'idée du suicide^. Comme il le disait peu après, la conscieDce est même le plus redoutable des tyrans : à cause du sentiment de leurs péchés, elle poussait souvent les hommes au désespoir, à se donner la mort par l'épée ou par la corde. Aussi fallait-il vaincre la conscience ^. Cette victoire sur la conscience, on devait la remporter à l'aide de la certitude du salut, à l'aide de la pensée que nos péchés étaient attachés au Christ. Mais précisément ce fut là un remède inutile. Au contraire, ni Luther lui-même, ni son panégyriste Mathesius, ni Léonard Beyer, autrefois augustin lui aussi et devenu pasteur à Guben, ni d'autres encore ne purent échapper à la tentation d'en finir avec la vie, à tel point que, lorsqu'ils se trouvaient en cet état, il leur était dangereux d'avoir un couteau sous la main 3.

I. Tischreden Luthers aas den Jahren 1531 und 1532, p. Sg, n. ii5 : « Conscientiam vexât Sathan mendacio, scil. accusans nos de peccatis ; corpus autem homicidio tentât ». — Dans Cordatus, p. 128, n. 563, on trouve l'explication suivante : « Satan primo vexât nos mendacio, quAndo nos jus tijicatos fide accusât peccati » ; puis vient la fin de la première citation. Dans les Propos de table postérieurs, édit. Fôrstemann, III, io5, la seconde partie est atténuée : «Il torture le corps d'une autre manière».

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