‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 126 sur 278 · L INTELLIGENCE ET LA SCIENCE DE LUTHER I9I · texte numérisé non relu

L INTELLIGENCE ET LA SCIENCE DE LUTHER I9I

par quelques autres exemples de leurs travestissements des écrivains scolastiques.

§. 2. — Les protestants et la scolastique. — Dieckhoff, Harnack et saint Thomas d'Aqiiin.

Nous savons déjàjusqu'où allait à ce sujet l'ignorance de Luther. Je ne prétends pas qu'il fût un incapable ; sur plusieurs points il était au contraire fort bien doué. Saint Augustin a dit : a 11 n'y a que des hommes remarquables à avoir suscité des hérésies ; mais ils étaient d'autant plus mauvais qu'ils étaient plus remarquables ^ )). Et Luther nous cite ce proverbe : « Ce ne sont pas des hommes de peu de valeur, mais de grands hommes qui fomentent les hérésies. De même ; les grands hommes font les grandes folies et un imbécile sufRt à faire du mortier ^ )). Mais en scolastique, comme je l'ai déjà prouvé «^j il n'était qu'un demi savant; néanmoins (ou peut-être plutôt pour cette

1. In Psalm. 12U, n. 5 : « Non enim putetis, fratres, quia potuerunt fieri haereses per aliquas parvas animas. Non fecerunt hœreses, nisi magni homines ; sed quantum magni, tantum mali homines ». — In Psalm. 13U, n. i8 : « Sunt docti, qui afîligunt ecclesiam, schismata et hœreses faciendo ». — In Psalm. 106, n. i4 : « Principes sunt, docti sunt, lapides pretiosi sunt ». C'était surtout Donat et Photin que saint Augustin avait en vue. Cf. Sermo 87, n. 3 et 17.

3. Erl. lilf, 35 (i537-i54o). Voir ibid., p. 54 : a Comme dit le proverbe : « Il est trop simple pour jamais faire d'hérésie ». — Par sa conduite, il a montré aussi la vérité de ce qu'il dit ailleurs : « Plus ces gens-là ragent et tapagent, et plus leur folie augmente. » Erlangen, hS, 387 (i53o-i53a).

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