Ci-dessus, t. II, p
DIECKHOFF ET LUTHER 1^5
corruption originelle dans toute sa profondeur et dans toute son étendue est certaine aux yeux de Luther. Fout lui, il est certain aussi que tout ce que l'homme naturel veut et accomplit est et ne peut être que mauvais 1 )). Gomme nous l'avons vu 2, cette affirmation est complètement erronée. Ce n'est que dans la seconde moitié de i5i5 qu'il commence à parler ainsi. Sans doute, dès ses Dictées sur le Psautier, il dit qu'en' Adam nous sommes tous une masse de perdition ^ », et débiteurs de la mort éternelle, ou encore que nous naissonsenfantsdecolère. Mais c'estce que tout le monde dit, et cela n'a rien à voir avec sa thèse postérieure que par le péché originel l'homme a été radicalement corrompu. Dieckhoff a complètement manqué d'idées précises à ce sujet. 11 le prouve encore par la juxtaposition des thèses suivantes tirées des écrits dé la première et de la dernière période du Réformateur :
(( La concupiscence est essentiellement une inclination vers les choses périssables et vers nous-mêmes..., l'amour-propre, le sens-propre..., un esprit courbé, qui en toutes choses se replie sur lui-même, cherche son intérêt propre et nous est inné ^ ». Mais tout cela ne forme que l'élément matériel du péché originel, et l'Eglise catholique tout entière l'admet. Encore une
1. Luther's Lehre in ihrer ersten Gestalt, p. 33. C'est moi qui souligne.