I. Luthers Lehre, etc., p
Q. Ce Chamberlain nous a montré jusqu'où va l'inintelligence des protestants à l'endroit des jésuites (Houston Stewart Chamberlain, Gnindlagen des 19. Jahrhunderts, II, 3° éd., p. 667). [Cet ouvrage a paru en 1899 '■> ^n ^907, il en était à sa 8' édition]. Voici comment il termine un exposé absolument dépourvu de sens : « Ainsi peu à peu la vraie notion du mythe de la chute originelle a été à ce point affaiblie qu'aujourd'hui, d'une manière universelle, on donne les Jésuites pour des semi-pélagiens, bien plus, que les Jésuites eux-mêmes appellent leur doctrine une science moyenne (scientia média). » Incroyable, mais vrai ! Voilà un homme qui se targue d'être appelé à conduire les intelligences, et qui n'a pas la plus petite notion des concepts les plus ordinaires de l'Eglise catholique. Donc les Jésuites donnent à leur doctrine le nom de « scientia média » ! Et pour parfaire le non-sens, Chamberlain estime que le mot moyen de science moyenne et semi de semi-pélagianisme sont synonymes ! La science moyenne est une demi-science l Que ce grand professeur aille donc trouver un étudiant en théologie catholique et s'informe auprès de lui du sens de l'expression scientia média.
DIECKHOFF ET LA SCOLASÏIQUE I99
véritable essence da péché originel^ ». Et comment le prouve-t-il ? 11 met en note : a Pour ce qui suit, voir Gabriel Biel, Sur le livre II des sentences, distinction 30. )) Miséricorde ! Voilà le nominaliste, le quasi occamiste Biel devenu le représentant de toute la scolastique ! Pour les grands maîtres de l'âge d'or de la scolastique, DieckhofT ne les connaît que par les citations de Biel. Ainsi, il ignorait complètement que Biel s'est borné à feuilleter les scolasliques de la bonne époque, et encore seulement quelques-uns d'entre eux, que fréquemment, il ne les cite que de seconde ou de troisième main, qu'il a mal compris et mal rendu leur doctrine, et tout spécialement leur doctrine sur le péché originel! Dès lors, que pouvait bien nous donner le théologien protestant si vanté, ce grand professeur et conseiller de consistoire ? Tout juste ce que nous venons de voir 2.
(( Pierre Lombard, écrit-il ensuite, voyait encore dans la concupiscence l'essence du péché originel, l'élément matériel de ce péché^. » Ainsi donc « essence )) est identique à « élément matériel! » Dieckhoff ignore même la terminologie ! Il continue : u De même ^, Thomas d'Aquin avait conçu le péché originel comme une (( blessure des facultés naturelles », non pas seulement dans (( l'infection de la chair », mais encore (< dans l'obcurcissement de l'esprit et le retour de la volonté vers elle-même. » Non, ce n'est pas ainsi que