T. III, p. A
4. Lehrbuch der Dogmengeschichte, p. 556, note i ; souligné par moi. Quelques pages plus loin, il répète son affirmation (P. 572, n. 2) : « On peut aussi faire remonter à Augustin que chez Tho-
2l6 LES PROTESTANTS ET LA SGOLASTIQUE
sail-il ce qu'il y a de plus étonnant chez Harnack ? C'est l'impudeur avec laquelle il supprime ce qui le gêne ; c'est sa légèreté et le caractère superficiel de ses travaux, c'est l'ignorance que dénote cette phrase, et, dominant le tout, une arrogance sans égale. Jugement sévère, à l'adresse d'un homme qui jouit d'une telle réputation. Néanmoins il ne me sera pas difficile d'en établir le bien fondé.
Une véritable fatalité pèse sur l'exposé de Harnack Il écrit dans le texte : a D'après Thomas, les principes extrinsèques de l'acte moral sont la loi et la grâce. Dans la première section de la seconde partie, au début de la question 90, il dit : « Le principe extérieur qui nous meut au bien est Dieu ; il nous instruit par la loi et nous aide par la grâce ^ ». Dans les questions 90 à 108, il traite de la loi ; à la question 107, article Zj» il dit que sans doute la loi nouvelle est plus facile en ce qui regarde les commandements extérieurs, mais que toutefois elle est plus difficile en ce qui touche la (( répression des mouvements intérieurs ». Les questions 109 à ii4 nous donnent la théorie de la grâce 2.
mas, dans toute sa théorie de la grâce, comme nous en avons déjà fait la remarque, le mode spécifique de la grkce propter Christum etper Christum est loin de ressortir clairement. » Ensuite, Harnack a l'audace de reprocher aux Occidentaux et notamment à S' Thomas « d'avoir été dans une incertitude complète sur la manière de tirer une dogmatique de la Christologie ». Naturellement, Harnack est le seul à n'avoir pas d'incertitude à ce sujet, lui qui ne se tient même pas sur le terrain chrétien, qui nie la divinité de Jésus-Christ !
1. Summa, II, i, qu. 90 (préambule) : « Principium exterius movens ad bonum est Deus, qui et nos instruit per legem et juvat per gratiam. »