Ad
3. Qu. 108, art. 2 : « Et quia graliam ex nobis consequi non possumus, sed per Christum solum, ideo sacramenta, per quae gratiam consequimur, ipse Dominusinstituitper seipsum: scilicet baptismum... »
6. « Ea, quœ sunt fidei, sunt supra rationem humanam : unde in ea non possumus pervenire nisi per gratiam. » (Qu. 108, a. 2, ad. 1).
Au même endroit, il enseigne que « la grâce qui nous est donnée dans les sacrements de la loi nouvelle vient uniquement du Christ : c'est pourquoi Us doivent venir du Christ^ ».
A la question io8, article i : « Le point capital de la loi nouvelle est la grâce du Saint-Esprit, qui se manifeste dans la foi opérant par la charité. Or, on obtient cette grâce par le Fils de Dieu fait homme, dont la nature humaine a été remplie par la grâce, laquelle est ensuite dérivée jusqu'à nous. C'est pourquoi saint Jean dit ; « Le Verbe s'est fait chair », et il ajoute « plein de grâce et de vérité » ; « nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce ». D'où il dit ensuite que « la grâce et la vérité sont venues par J. C. ». C'est pourquoi il convient que ce soit par des moyens extérieurs et sensibles que vienne en nous la grâce qui découle du Verbe incarné, et que cette grâce intérieure, par laquelle la chair est soumise à l'esprit, produise certaines œuvres extérieures et sensibles ».
« Ainsi donc les œuvres extérieures peuvent avoir deux sortes de rapports avec la grâce : d'abord elles peuvent servir à conduire à la grâce : c'est le cas pour les sacrements de la loi nouvelle, comme le baptême et l'eucharistie; puis elles peuvent être produites sous l'impulsion de « la grâce ^ ».
I. «In sacramentis novae legis datur gratia, quœ non est nisi a Christo: et ideo oportuit quod ab ipso institutionem haberent. » (Qu. io8, a. 3, ad. 2).
a. (( Principalitas legis novae est gratia Spiritus Sancti, quae manifestatur in fide per dilectionem opérande. Hanc autem gratiam consequuntur homines per Dei Filium factum, cujus humanitatem primo replevit gratia, et exinde est ad nos derivata. Unde dicitur Joh. I, ik: « Verbum caro factum est»; et postea subditur : plénum gratiae et veritatis » ; et infra (vers. 16) : « De plenitudine ejus nos omnes accepimus, et gratiam pro gratia. »Unde subditur (vers. 17) quod « gratia et veritas per Jesum Christum facta est. »
CE QUE L HOMME NATUREL PEUT CON^fAITRE 331
Ces citations suffiront, je l'espère, à montrer la légitimité du reproche que j'ai fait à Harnack sur son insuffisance à l'endroit du prince de la scolastique. Dans quel autre domaine de la science est-il permis de traiter aussi superficiellement le sujet dont on s'occupe, les doctrines que l'on combat et ses lecteurs euxmêmes !
Mais lorsque Harnack a réellement lu saint Thomas, et qu'il le cite en note, il trahit la même incroyable légèreté. Restons-en au début de son travail. En corrélation avec la phrase que nous avons citée plus haut sur les principes extrinsèques de l'acte moral dans saint Thomas ^ il écrit : « Thomas s'occupe d'abord de la nécessité de la grâce. L'article i établit que sans la grâce l'homme est incapable de connaître une vérité quelconque ».
Eh bien ! cette assertion est formellement contredite par le texte que, du reste en le mutilant, Harnack cite en note pour la prouver 2.
Et ideo convenit ut per aliqua exteriora sensibilia gratia a Verbo incarnato profluens in nos deducatur ; et ex hac interiori gratia, per quam caro spiritui subditur, exteriora quaedam opéra sensibilia producantur. »
« Sic igitur exteriora opéra dupliciter ad gratiam pertinere possunt. Uno modo, sicut inducentia aliqualiter ad gratiam. Etalia sunt opéra sacramentorum qutp in lege nova sunt instiiuta : sicut baptismus, eucharistia, et alia hujusmodi. Alia vero sunt opéra exteriora, quae ex instinctu gratiœ producuntur... » I* a", qu. 108, a. i).