‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 15 sur 278 · LA TRISTESSE CROISSANTE · texte numérisé non relu

LA TRISTESSE CROISSANTE

commentaire du mot de Luther : u Le désespoir et la tristesse ne viennent pas de la multitude des péchés, mais plutôt de la multitude des bonnes œuvres, etc. * ! » Sans doute Luther essaie de s'esquiver en disant : (( La foi au Christ consolateur ne veut pas se faire jour ; de là ces nombreux cas de tristesse 2. » Pur subterfuge ! Cette foi certaine qu'il prêchait, n'était-ce pas chez lui tout d'abord qu'elle aurait dû se manifester ? Or, tout au contraire, nous avons vu que dans les angoisses de la mort et dans les tentations, il ne parvenait jamais à vivre sa foi. Il n'en fut pas autrement pour ses fidèles, pour ceux d'entre les siens qui étaient (( pieux )). Nous le savons déjà pour son ami Jérôme Weller ; il en fut ainsi pour d'autres de ses amis : Georges Spalatin, Justus Jonas, Mathesius, Nicolas Hausmann, Georges Rorarius ! pour d'autres grands coryphées delà Réforme : Flacius Illyricus, Guillaume et Balthasar Bidembach, Joachim Môrlin, Chemnitz, Isinder de Kônigsberg, André Gundehvein et une foule d'autres, qui, plus ou moins, surtout dans leurs dernières années, tombèrent dans des angoisses accablantes, dans une inguérissable tristesse et même dans la folie, sans que les consolations de Luther et autres eussent pu leur être de quelque utilité 3.

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