LES EXEMPLAIRES DE HALLE ET DE WITTENBERG
et gravures sont vieillies et usées. En outre, ces gravures y sont jointes à une collection de brochures de i53o à i545, sur les affaires religieuses de l'Allemagne ; comme les inscriptions dépassaient les dimensions des brochures, on les a coupées, et mises sur le verso de la gravure suivante ; pour la dernière, sur le verso de la feuille blanche qui suiti.
Et les deux exemplaires de Londres ?
Des quatorze gravures du premier, il convient d'abord d'en écarter quatre qui n'appartiennent pas à notre opuscule : deux contre Alexandre VI, avec une explication satirique 2, une bouffonnerie grossière contre le pape et les moines, enfin, une autre bouffonnerie, fort obscène, contre les moines, chacune d'elles avec une pièce de vers satiriques. Mais les dix autres sont les dix gravures de Y Image de la Papauté, et je crois pouvoir affirmer quelles sont identiques à celles de Halle et de Witienberg : mêmes détails dans les gravures, mêmes grosses lettres dans les inscriptions d'en haut et d'en bas ^.
1 . Du reste, il n'y a aucun titre. Seulement, sur le v* de la première figure, FAne-Pape, se trouve la note dont plus haut Denifle a cité quelques mots (p. 122) ; et sur un feuillet d'écriture moderne : « Bilder zu Luther : Teuflisches Papsttum. Angebliches Unikum : Images concernant Luther : la papauté diabolique. Cet exemplaire paraît unique » ; ce qui, en effet, était vrai vers i85o.
2. L'une des deux est dans Ed. Fuchs, Die Karikatur der euro pàischen Vôlker (Berlin, 1904), I, p. 6r, n' 63. L'auteur ne dit pas où il l'a prise ; mais comme il a publié quelques autres gravures qui se trouvent aussi dans notre exemplaire, on peut croire que c'est de là qu'il les a toutes tirées. (Voir, ci-après, p. 2C0, n, i.)
3. Toutefois, toujours avec des nuances, faibles il est vrai, dans le fond et la forme des inscriptions. Gravure II de Wittenberg
252 l'image de la papauté
Un moment c'est cet exemplaire que j'avais pensé reproduire ici. Mais là aussi les gravures ont été coloriées à la main, et plus grossièrement encore qu'à AVittenberg ; bien qu'en elles-mêmes elles soient quelque peu supérieures à celles pour lesquelles je me suis décidé, elles sont en réalité assez détériorées et indistinctes ; des gens compétents m'ont dit que dans certaines parties, il serait impossible de faire revivre la gravure cachée sous la couleur. En outre, la dimension des inscriptions n'eût laissé ici pour la gravure elle-même qu'une place assez restreinte.
C'est pourquoi je me borne à en donner la description en note*, et je reproduis le second exemplaire de Londres.
(l'Ane-Pape), i" vers : Wass Gott selbst ; Londres : selbs ; — Gravure V de Wittenberg (Clément IV et Conradin) : les lignes de l'inscription qui est à l'intérieur de la gravure ne sont pas disposées de la même manière ; — de même, dans la gravure IX (la réponse aux excommunications du pape), le mot maledelta, etc.
Sur ce point, je le répète, il faut désespérer de trouver deux exemplaires absolument semblables ; mais on aurait tort d'en conclure aussitôt à la différence des planches des gravures : sur la même planche, il était facile à l'imprimeur de disposer différemment ses caractères ou d'en mettre d'autres.
I. British Muséum, mot Luther (Martin), p. 3o, n° 55/i, e, 38. — Sans titre ; reliure vélin.
i" gravure : Alexandre VI en pape. De la main droite, il esquisse un geste de bénédiction ; de la gauche, il tient une croix archiépiscopale à laquelle est attachée une oriflamme. En haut, en gros caractères : Alex. VI. Pont. Max. (Dimensions : 162 mm. X 91 1/2).
2* gravure (faisant le pendant de la précédente, à laquelle elle est assujettie par le haut). Le même Alexandre VI, comme on le voit aisément par le bas des vêtements. Mais toute la partie supé-^ rieure jusqu'au bas de la poitrine est recouverte d'une peau de bête fauve, à la manière de certains Barbares, qui aimaient à se