ATTAQUES DES PROTESTANTS
raison de plus pour eux de crier au « faussaire ». C'est le ton, par exemple, du Journal universel y de Munich. On se prit aussi à y douter que je fusse membre d'un certain nombre de sociétés savantes ; depuis, il est vrai, on y est revenu tant bien que mal sur ce qu'on avait dit à ce sujets Mais, dans le numéro i6 du Supplément, on ne recule pas devant le mensonge : en s'appuyant sur la Patrie de Vienne 2, on y dit que mon « livre sur Luther, dont il a été suffisamment question » dans le Journal universel, n'est (qu'une mise en œuvre des matériaux d'Onno Klopp pour une histoire de la Réforme 3. Naturellement, la Patrie ne disait rien de cela, car on y savait pertinemment que ce n'est qu'au mois de janvier dernier (igol\) que ces matériaux m'ont été envoyés à Rome. L'affirmation du Journal universel allait à me faire passer pour un homme sans honneur, puisque ces travaux de Klopp ne sont même pas mentionnés dans mon ouvrage.
Cette conduite rageuse prouve simplement que j'ai frappé juste, et que le coup a été vivement ressenti. Aussi recourt-on à tous les moyens pour faire dispa-
1. Alhjemeine Zeitung (Journal universel, Univers), n" 26; ig janvier 190/i.
2. Faute d'argent, le Vaterland(la Patrie), fondé en i8Go, a cessé de paraître le 3i décembre 1911. (V^oir Chronique de la Presse, 191 1, 783-78/,) (N. d. T.).
3. Par contre, le P. Weiss a utilisé ces documents pour le second volume (en voir la préface, p. vi). Onno Klopp, né le 9 oct. 1832 à Leer (Frise orientale), est mort le 9 août igoS, à Penzing, près de Vienne. Il avait épousé une catholique et fini par embrasser le catholicisme (1873). Sa biographie a été écrite par son fils Wiard en 1907. Ennemi déclaré de la politique prussienne, il resta toujours fidèle au roi Georges de Hanovre, dont à partir de i86i il fut le confident (N. d. T.).
b SUREXCITATION
raître mon ouvrage et l'anéantir sous les cris. Ce n'est pas seulement devant le pape que quelques journaux veulent porter l'affaire, mais devant l'empereur d'Allemagne et le procureur impérial. Par une telle conduite, on semble vouloir convaincre le monde entier que jamais depuis Luther il n'avait été porté un coup aussi rude au luthéranisme et à son auteur, alors pourtant que la partie la plus importante de mon travail est encore à paraître ! Mais dès lors pourquoi le souverain mépris avec lequel on déclare en même temps que ce livre si u mal famé » ne nuit en rien au protestantisme ?
Pour obliger les théologiens protestants à s'expliquer avec franchise il me fallait attaquer hardiment. Depuis fort longtemps, en effet, il est dans leurs habitudes de ne pas prêter la moindre attention aux œuvres catholiques écrites avec douceur ; quelque grande que puisse en être la valeur, ces œuvres leur ont servi tout au plus à rectifier et à multiplier des dates ! [Avec mon travail il s'agissait d'autre chosej. Et cependant que de points fondamentaux Harnacr n'a-t-il pas laissés de côté dans sa réplique. Ce n'était pourtant pas par défaut de clarté et de précision que péchaient mes accusations : je l'avais mis en demeure de s'expliquer sur des questions où il y allait de son honneur de savant. Seeberg et Haussleiter, eux aussi, ont passé complètement à côté de la partie essentielle de mon livre ; ils ont simplement pointé des faits absolument secondaires, et, du reste, eji pure perte.
S'il ne se fût agi que du vacarme des quotidien^ protestants, je n'aurais pas consacré une minute à m<