‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 19 sur 278 · Ci-dessus, t. I, p. 2i3-2iii, t. III, p. 476-/I · texte numérisé non relu

Ci-dessus, t. I, p. 2i3-2iii, t. III, p. 476-/I

(( LA FI?î JUSTIFIE LES MOYENS )) 33

liques et autres ; et ses compagnons imitaient son langage 1. Il en vint à dire publiquement que ses ennemis étaient damnés : il lui fallait ainsi inspirer à ses partisans et d'une manière générale à ses contemporains et aux générations futures de l'horreur pour toute doctrine opposée à la sienne 2.

Il faut mentir pour la bonne cause : le même principe le faisait parler très haut du désespoir des catholiques, des moines surtout, pendant leur vie et à l'heure de leur mort. ïrouve-t-il çà et là dans l'histoire quelques faits de ce genre, il recourt à sa méthode habituelle : il commence par les fausser, puis il les généralise s. Au début de cet ouvrage et au

1. Voir les nombreuses preuves qu'en donne N. Pallus, Luthers Lehensende (La mort de Luther), 1898, p. i-3o. Voir aussi du même : Luther ûber das schlimme Ende seiner Gegner (Luther sur la tristejinde ses adversaires) ; dans le KathoUk, 1899, II, Agoetsuiv., où il réfute les répliques d'un certain Cobr, pasteur protestant.

2. C'est ce qu'il affirme catégoriquement de Zwingle et d'Œcolampade, bien que leurs erreurs n'eussent rien de plus condamnable que les siennes : « Longe melius est et lucentius, Zwinglium et OËcolampadium damnatos pronunciare quam salvos, alors même que Von procéderait contre eux avec violence. Sic enim prodest servare et absterrere vivenles et posteros ». Tagebuch ixher Dr. j¥arfm Lu/Aer de Cordatus (i 885), p. 279, n. 1077. ^oir en outre Paulus, Luthers Lehensende, p. 3o et suiv.

3. Voir, par exemple, Opéra exeg. lat., XI, laS (i5/i5), où, comme preuve de la « force de la superstition » dans les couvents, il nous dit que « quelques-uns » y hésitaient à tuer leurs poux et leurs puces. 11 ne connaît toutefois qu'un seul cas de ce genre, dont il aurait été témoin, si tant est qu'il dise vrai ! Mais, en admettant que ce cas se soit réellement produit, qui autorise Luther à multiplier cette exception, et en outre à y voir la preuve de la «force de la superstition » dans les couvents ? » (J'ai connu un homme qui avait de pareils scrupules ; si je ne me trompe, c'était un Souabe ; faut- il en conclure que tous les Souabes lui ressemblaient ? Note du P. Weiss).

34 LA DOGTRIÎHE DE LUTHER ET LA PALX DE l'AME

commencement du présent article, j'ai déjà montré à quels moyens il avait recours pour montrer l'inquiétude, la désolation et le désespoir des âmes dans le papisme i.

Aux calomnies préméditées de Luther, j'oppose le témoignage de ceux qui ont été fréquemment les témoins de la vie et de la mort de bons religieux. Ce qu'ils ont vu peut se résumer en ces mots : « En religion, on vit avec plus de calme, on meurt avec plus de confiance ; la vie religieuse donne la joie à celui qui est triste et elle augmente la confiance -. » u Croyez-en ceux qui en ont fait l'expérience; s'il est un paradis en ce bas monde, il se trouve dans le cloître ou dans l'étude 3. »

Que l'on ne nous objecte pas que ce sont là des témoignages isolés d'une époque antérieure, car nous avons aussi les confidences d'illustres et irréprochables contemporains de Luther, qui quittèrent le monde avant que commençât la grande apostasie, sans avoir par conséquent subi aucunement l'influence de Luther; ces confidences nous montrent com-

1. Ci-dessus, t. I, p. 7V90 à propos du « Perdite vixi ; — J'ai mal vécu », de saint Bernard, et t. IV, p. 7-10.

2. C'est ce qu'écrit saint Bernard ou plutôt un de ses contemporains : « Nonne haec religio sancta, pura et immaculata, in qua homo vivit purius, cadit rarius, surgit velocius, incedit cautius, irroratur frequentius, qaiescit seciirius, moritur fiducius, purgatur citius, praemiatur copiosius ?... Haec religio... contritum sanat hominem et tristemexhilarat..., Jiduciam re format... » Migne, Patr. lai., t. 18^, c. ii3i.

3. Voir le texte, ci-dessus, t. Il, p. 1G6. Sur la « paix dans les cloîtres au moyen âge », voir KathoUaches Leben im Mittelalter, d'après H. Digby, par A. Kobler, IV, 6o5 et suiv.

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