‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 208 sur 278 · Opp, exeg. lat., VI. 192 (vers i56o · texte numérisé non relu

Opp, exeg. lat., VI. 192 (vers i56o

LUTHER SUR LA DOCTRINE CHRETIENNE 3l

aussitôt après les temps apostoliques, on avait commencé partout à s'y écarter de la pure parole divine ; on avait échoué dans des traditions humaines et des mensonges, et on était tombé dans un complet aveuglement. Sous la domination de philosophes orgueilleux, tout était devenu hérétique, et la foi véritable avait été complètement bannie de ce monde, jusqu'au moment où dans ces épaisses ténèbres Dieu avait fait pénétrer la lumière qui s'était levée sur Wittenberg *. Un contemporain catholique, le provincial des Dominicains, Hermann Ra.b, n'avait pas une conception différente de l'œuvre de Luther. D'après le moine de Wittenberg, disait-il, « depuis l'époque des saints apôtres, des martyrs, des docteurs et des confesseurs, on s'était borné pendant près de quinze cents ans à agiter et à pratiquer dans toute l'Eglise chrétienne des doctrines et des futilités humaines » 2.

Ces témoins, et on pourrait aisément leur en adjoindre d'autres, rendaient parfaitement la pensée de Luther. Le c Réformateur n rejeta la Tradition tout entière, depuis les temps apostoliques jusqu'à lui : il fut un novateur. Aussi, à son point de vue, il avait parfaitement raison de dire que, a depuis les temps apostoliques (jusqu'à lui), l'Ecriture était restée très obscure » ^, de regretter dans l'Eglise des quinze premiers siècles l'absence de son nouvel Evangile, l'ab-

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