Seeberg, Dogmengcschichte, II
2. Dès i528, il se vante déjà de sa « Réformation ». Les injures qui précèdent et qui suivent ce mot doivent certainement servir
signes une nécessité inéluctable, et cela d'autant plus que Luther, nous dit-on, a été un réformateur si énergique que, comparés à lui, aucun de nos réformateurs catholiques ne saurait mériter ce titre.
N'aurait-il voulu que supprimer les « abus », du moins dans le sens où il entendait ce mot, autrement dit, (( abandonner les abominations connues de tous, et les articles /awa? » i, il aurait encore eu besoin d'une mission divine, et de preuves de cette mission. Car qu'entendait-il par ces articles /aa^c, par ces abus qu'il voulait remplacer par ses doctrines à lui ? C'était la doctrine catholique elle-même dans ses nombreux articles fondamentaux : le sacerdoce, le pouvoir des clefs, la messe, les sacrements, la grâce, la nécessité
à prouver que cette réformation était voulue de Dieu : « Parce que je les ai renfermés (les papistes) dans l'Ecriture, et qu'ils ne peuvent toutefois ni la comprendre ni l'expliquer (Dieu nous vienne en aide!), quelles clameurs, quels cris sauvages et tumultueux I L'un hurle en faveur du Sacrement sous une espèce, un autre piaille contre le mariage des prêtres, un troisième aboie en faveur de la messe, un quatrième braille en faveur des bonnes œuvres, un cinquième marmonne sur les vœux monastiques, un sixième grogne pour le culte des saints. Bref, c'est la réformation de Luther. 11 a organisé une chasse peu ordinaire, et il a renfermé ces têtes d'ânes dans l'Ecriture, comme des animaux dans un jardin zoologique. Ici le docteur Gochlaeus aboie comme un chien ; à Berne, le brûlé glapit comme un renard ; le prédicateur diffamateur de Leipzig hurle comme un loup ; le docteur Conrad Wimpina grogne comme un cochon ; avec tous ses cris, cette ménagerie fait un tel tintamare que j'en viens presque à regretter ma chasse lorsque je vois qu'il ne sert de rien de les avoir renfermés dans l'Ecriture ». (Erl., 63, 273-27/, ; Weim., XXVI, 53i). Il est certain du reste que Luther savait manier l'allemand avec une rare virtuosité ; ce passage en est une nouvelle preuve. I. Erl., 26, 43(i5/,i).