De Wette, IV, 354 (à Albert de Prusse; avril (?) i
NÉCESSITÉ DE CROIRE A l'ÉGLISE 87
d'autres hérétiques, les Anabaptistes, il ditavecMélanchthon, Bugenhagen et Greutziger : « On ne doit pas accepter une doctrine qui n'a pas pour elle le témoignage de l'ancienne et pure Eglise, car il est aisé de comprendre que l'ancienne Eglise a dû avoir tous les articles de la foi, c'est-à-dire tout ce qui est nécessaire au salut » ^
S 4- — Comment Luther expliquait-il la légitimité de sa mission ?
Comment Luther a-t-il donc expliqué qu'on pouvait et qu'on devait croire en lui ? Celui qui comme Walther veut résoudre cette question en prétendant qu'il ne voulait pas être autre chose qu'un « docteur en la Sainte Ecriture », dont la vocation était d'approfondir sans cesse la vérité divine, de l'enseigner et par suite de la défendre ; celui qui écrit que Luther n'avait besoin d'aucun signe miraculeux pour se faire croire et accepter, puisque par sa nomination de professeur d'Ecriture sainte et de prédicateur à Wittenberg, il était régulièrement appelé à expliquer la sainte Ecriture et à annoncer publiquement la parole de Dieu 2, celui-là ne comprend pas de
1. Voir le rapport du 5 juin i536 dans la Zeitschrijt fur histo rische Théologie, XXVIII, p. 5Go et suiv. ; voir aussi Corp. Réf., III, 198 (Mélanchthon à Philippe de Hesse, i536).
2. Lnlhers Berufy^\^\\e, 1890, p. 6, 29. En conséquence, Walther termine sa brochure par ces mots (p, 1/19) : En résume, « tout ce que Rome allègue pour montrer que l'action de Luther n'avait pas été divinement autorisée ne repose que sur des faussetés. Il ne s'est arrogé aucune autre vocation que celle qui lui avait été
quoi il s'agit. Ce ne sont là que des subterfuges inventés par Luther pour se tirer d'embarras : l'Eglise était l'unique source, l'unique racine de ces fonctions de docteur et de prédicateur ; c'était elle qui les lui avait confiées ; et les théologiens protestants devraient cesser de les alléguer comme des raisons de nature à légitimer sa révolte contre elle.
Dans l'exposé de Walther, il y a donc une monstrueuse contradiction. La question capitale est celle-ci : la mission donnée à Luther par le magistère ordinaire de l'Eglise pouvait-elle suffire à légitimer l'entreprise révolutionnaire de Luther contre l'Eglise et la production de ses nouveautés. Cette mission ordinaire pouvait-elle donner des droits à une entreprise qui sortait du cadre ordinaire, qui allait à renverser l'autorité d'où
régulièrement confiée ». Luther, continue Walther, n'a jamais eu de doutes sur la légitimité de son action, etc., ou comme on lit à la page 3o, il n'a rien voulu enseigner de nouveau. Du reste, dans cette brochure, c'est en vain que l'on cherche les preuves que l'action de Luther a été divinement autorisée. Walther ne peut pas sortir de sa pétition de principe [que la prétention de Luther à sa mission suffît à en prouver l'existence]. II ne vaut pas vraiment la peine de s'occuper davantage de ces pages. Comment est-il encore possible d'écrire : « Mais quand donc Luther s'est-il séparé de l'Eglise ? Il y est en effet resté jusqu'au moment où on l'en a chassé » (p. 7) P Walther ne savait-il donc pas que Luther a été chassé de l'Eglise lorsqu'il s'en était lui-même déjà séparé intérieurement par ses hérésies ? A part certaines rectifications de méprises commises par quelques catholiques, cette brochure foisonne de sophismes, dont peut s'occuper celui qui en aura l'envie. [Cette brochure a été reproduite, en partie seulement, semble-t-il, dans la compilation de 1906, Fiir Luther wieder Rom., p. 17-68. Ce qu'on y lit de l'université de Wittenberg qui ne dépendait pas des papes, mais de Frédéric de Saxe, semble avoir été ajouté en 1906 (p. /j5 ; voir, ci-dessus, t, III, p. li']8, note 2)],