‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 214 sur 278 · Erl., 28, a3 (ib22j · texte numérisé non relu

Erl., 28, a3 (ib22j

LUTHER : MISSION EXTRAORDINAIRE 4l

les anges. Car puisque je suis certain qu'elle est vraie, je veux par elle, comme saint Paul ^ être votre juge et celui des anges ; celui qui ne l'acceptera pas ne parviendra pas au salut. Car ma doctrine est de Dieu et non de moi ; c'est pourquoi le jugement que je porte est de Dieu et non de moi » 2.

Ici, Luther ne s'en ferre- t-il pas lui-même ? Par cette affirmation sans preuve, n'avoue-t-il pas d'une manière éclatante son impuissance et son manque de vocation ? Plus haut, par la saine raison et par les paroles mêmes de Luther, nous avons montré qu'une mission extraordinaire de ce genre demande impérieusement des preuves extraordinaires aussi, dans la vie et les actions de celui qui en est l'objet. Le besoin de ces preuves fondamentales ne saurait être esquivé ni par Y affirmation, si catégorique fût-elle, qu'on est un Evangéliste, ni par celle de prétendues expériences. A Worms, Cochlaeus était parfaitement dans son droit en lui disant : « Et qui croira à cette révélation ? Par quels signes la prouves-tu ? Le premier venu ne pourra-t-il pas étayer ainsi ses erreurs ? » ^ « H n'y a pas de diable, pas d'hérétique ni d'homme si perdu soit-il, écrit Luther lui-même, qui se présente en disant: « Moi diable ou hérétique, c'est ma doctrine que je prêche » ; mais ils savent tous dire : « Ce n'est pas ma doctrine, c'est la parole de Dieu. » Chacun veut que ce qu'il prêche soit la parole de Dieu » *.

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