PRÉTENDUS MIRACLES
faveur de son entreprise. Amoureuse de liberté, la duchesse Ursule de Munsterberg s'échappe-t-elle avec deux compagnes du couvent où elle était religieuse (i528): pour Luther, le couvent devient une forteresse (( solidement fermée et gardée », et cette fuite, « un miracle de Dieu, tout particulièrement étonnant » 1 ; (( un grand miracle » 2, qui couvrait de honte tous ses adversaires, u En vérité, écrit-il à ce propos, notre Evangile opère assez de miracles, mais les impies ne veulent pas les voir » . Ne savait-il donc pas qu'à Friedberg où cette évasion eut lieu, il n'y avait pas de clôture, que sans se faire le moindre scrupule la prieure avec ses religieuses allaient aux noces, que la porte de derrière donnant sur le jardin était mal gardée et restait souvent ouverte, qu'au dehors, plusieurs laïques attendaient les trois religieuses, qu'ils s'annoncèrent en frappant à la porte, sur quoi les religieuses ouvrirent ? ^ Où voir là la moindre trace d'un miracle ? Plus ineffable encore est un miracle que Luther nous rapporte quelques années plus tôt (i524), dans une brochure écrite exprès pour le relater. Une religieuse nommée Florentina s'échappa sans difficulté de son couvent de Neu-Helfta : la portière avait négligé de fermer sa cellule, et un grand nombre des autres religieuses étaient alors dans les leurs ou au dortoir ; bref, elle s en alla à un moment ou personne