‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 226 sur 278 · ROM. I, 17 : LA JUSTICE DE DIEU · texte numérisé non relu

ROM. I, 17 : LA JUSTICE DE DIEU

illuminations célestes habitua Luther à ne plus sortir de lui-même ; elle l'amena jusqu'à défigurer les faits les plus massifs]. Ce qu'il nous dit sur la manière dont les docteurs de l'Eglise, les exégètes et les théologiens catholiques avaient compris cette « justice de Dieu » dans saint Paul en est un exemple saisissant : depuis le IV' siècle jusqu'à Luther, j'ai parcouru les commentaires, manuscrits ou imprimés, de soixante écrivains de l'Eglise latine, afin de vérifier s'ils avaient véritablement compris et interprété le verset 17 du chapitre P'" de l'Epître aux Romains et autres passages similaires 1 dans le sens que Luther avait trouvé partout ; or de ces soixante auteurs pas un seul n'a entendu p3ir justice c/e Di^w la justice qui punit, autrement dit la colère de Dieu. Au contraire, tous ont entendu par là la justice qui nous justifie, la grâce justifiante et gratuite, une justification véritable et réelle par la foi (non, bien entendu, par la foi morte, celle qu'entend Luther). En outre, ici, et plus encore sur le verset 3 du chapitre X de la même Epître^, ils ont, à l'exemple de saint Paul, opposé cette justice qui vient de Dieu à la justice propre, celle qui vient de l'homme 3. [Or il est certain que Luther a connu quel-

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