‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 227 sur 278 · Ad Rom · texte numérisé non relu

Ad Rom

a. (( Ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à étabhr leur propre justice, ils (les Juifs) ne se sont pas soumis à la justice de Dieu, »

3. Dans toute l'épître aux Romains, on trouverait difficilement un autre passage où, dans l'Eglise latine, il y ait eu un tel accord, tant parmi les anciens docteurs que parmi les scolastiques jusqu'à Luther. On suit partout la trace très apparente de la manière dont l'Ambrosiaster et saint Augustin avaient expliqué ces pas-

ques-uns de ces auteurs, saint Augustin i, saint Bernard 2,. Nicolas de Lyra^, Lefèvre d'Etaples '^ ; et l'on ne saurait douter davantage qu'autour de lui il n'ait trouvé l'interprétation traditionnelle].

Pour tout esprit non prévenu, ce fait irréfragable montre combien Luther pouvait s'illusionner, et dès lors combien ses révélations ou illuminations ont besoin d'être confirmées par des signes extraordinaires.

S 5. — Conclusion.

Il est donc irréfutablement établi que Luther n'a pas donné la moindre preuve qu'il fût l'envoyé de Dieu, quoiqu'en réalité, comme on le voit par ses propres paroles, il fût persuadé qu'il avait à fournir des preuves de ce genre. Et cependant, il a osé cette folle et hasardeuse entreprise de rompre avec une Eglise vieille de mille et même de quinze cents ans, de renverser les dogmes fondamentaux du christianisme et de les remplacer par ses propres imaginasages ; ici les scotistes et les nominalistes eux-mêmes ont marché avec leurs devanciers.

N. d. T. : L'année suivante (3o mai igoS), Denifle fit paraître sur ce point son recueil de documents intitulé : Pièces justificatives. Les exégètes de l'Eglise d'Occident jusqu'à Luther sur la justice de Dieu (Epître aux Rom., 1, 17); et la justification. Voir, cidessus, t. I, p. xiv-xvii. — Denifle semble avoir eu l'intention de faire une collection similaire de citations grecques ; voir Les Exégètes de l'Eglise d'Occident, p. xiv.

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