bid., p. 92 [P
que le quatrième Evangile (celui de saint Jean) n'est pas une source historique dans le sens ordinaire du mot ; il n'est pas l'œuvre de Jean^. « Ce n'est pas le Fils, mais uniquement le Père que l'on trouve dans l'Evangile tel que Jésus l'a prêché ^ ».
Que faut-il penser des miracles que Jésus a opérés pour témoigner de sa mission et de sa filiation divine ? Le Dieu rationaliste ne peut opérer de miracles ; il ne peut modifier l'ordre que lui-même il a créé, u II est certain, écrit Harnack, qu'il ne se produit pas de miracles » ; Jésus-Christ lui-même n'a pas pensé que (( la foi en ses miracles fût l'unique, ni même le vrai moyen pour arriver à une notion exacte de sa personne et de sa mission » ; bien plus, il a dû avoir à ce sujet des idées toutes différentes de celles de ses évangélistes ^. Pour le constater, il a sufQ à Harnack d'un seul passage du quatrième Evangile, de cet Evangile qui pour lui n'est pas une source historique : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point ^ )) ! Ensuite Harnack dit à ses étudiants : « Ne vous laissez pas effrayer par telle ou telle histoire de miracles qui vous déroute et vous rebute ». Auparavant, il avait classé les miracles en cinq groupes, dont le troisième est à mon sens le plus curieux :