‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 233 sur 278 · Bas Wesen der Chrlstentums, p. i8 [P. 42-43J · texte numérisé non relu

Bas Wesen der Chrlstentums, p. i8 [P. 42-43J

2. A. Ehrard, Der Catholizismiis und das zwanzigte Jahrhundert (k^-S' éd.), p. 122.

3. Voir Frankfurter Zeitung, 190/1, n" 87 (6 février), où se trouve reproduite l'interview qu'a eue avec Harnack le correspondant du Temps à Berlin. [Voir le Temps lui-même, 4 février igo/i. L'interview est intitulée : L'abbé Loisy et le professeur Harnack].

avons indiquée plus haut dans notre Conclusion. Pour le rationaliste, aussi bien que pour le chrétien croyant, Luther est un démolisseur, un révolutionnaire quia foulé aux pieds la doctrine de l'ancienne Eglise. Entre les deux, il n'y aura qu'une différence, capitale sans doute : le chrétien doit rejeter Luther, parce qu'il s'est mis en contradiction avec l'Eglise catholique et qu'il n'a apporté aucune preuve pour justifier cette hardiesse. Naturellement, Harnack et les rationalistes tireront une conclusion tout opposée ; pour eux, l'Eglise chrétienne n'est qu'une œuvre purement humaine : le fondateur n'en était qu'un homme. Par suite, les promesses de Jésus-Christ à son Eglise n'ont également aucune valeur, et, à les en croire, elles ont été en partie ajoutées aux Evangiles. Dès lors, si dans le cours des siècles quelqu'un s'élève contre l'Eglise pour la renverser, ils lui en reconnaissent pleinement le droit : ce démolisseur ne s'élève que contre une œuvre humaine. Yient-il à réussir, ils l'applaudissent, l'admirent et le placent d'autant plus haut qu'il s'est davantage séparé du surnaturel, qu'il s'est plus complètement délivré de liens embarrassants, lui et ses partisans présents et à venir. C'est précisément à cause de son action destructive qu'à leurs yeux Luther est l'un des plus grands hommes, disons mieux, le plus grand des hommes, un surhomme, une grande Force, un héros chez qui ils aiment à reconnaître leur propre moi élevé à une haute puissance 1. Pour eux, il est le centre d'une

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