Ci-dessus, § 3 et surtout S li
3. Lehrbuch des Doginengeschichie, III (3* édit.), p. 774. Dans cet ouvrage, on rencontre fréquemment, sous des formes diverses, l'affirmation que la Réforme a détruit les fondements de l'ancien dogme, par exemple, qu'elle a détruit la tradition doctrinale infaillible, le canon infaillible des Ecritures. Voir p. G09, G 11, 6i5, 808, 8i3 : Luther, « le plus conservateur des hommes, a brisé l'Eglise antique et a donné un but à l'histoire des dogmes. Ce but est le retour à l'Evangile. »
à cette conclusion que Harnack en arrive lorsqu'il dit: « Si l'on approfondit la notion de la foi chez Luther, on acceptera difficilement qu'à l'ancien dogme, au dogme (( vigoureusement» constitué, il se soit borné à ajouter quelques points complémentaires. On sera bien plutôt porté à adhérer au jugement des catholiques, d'après qui Luther a renversé la doctrine de VÉglise des premiers siècles et du moyen âge, pour n'en conserver que des fragments épars^ ». En pleine conformité avec ses idées, Harnack a pu parler aussi d'une tâche nouvelle qui s'imposerait aujourd'hui à la foi chrétienne, tâche qui u n'a pas pour elle une tradition historique^ ».
A proprement parler, dans une discussion sur Luther avec Harnack et tout autre rationaliste, il ne peut s'agir que de questions historico-littéraires. Je voudrais pourtant m' expliquer avec lui sur la manière d'apprécier Luther. Pour y parvenir, il est nécessaire de trouver un terrain commun. Ce terrain nous est fourni par la saine raison, dont le rationalisme, du moins à l'entendre, fait son juge suprême ; la raison, en effet, nous donne des règles générales ; après avoir rejeté tout surnaturel, et (d'accord en cela avec le piétisme) limité la religion à la vie subjective du sentiment, le rationalisme peut s'entendre encore avec nous sur le terrain purement naturel. Pour un jugement sur Luther, il nous reste ainsi trois domaines principaux, où lui et nous, nous pouvons nous rencontrer.