‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 24 sur 278 · Der Has im Pfcffer (Augsbourg i5io), fol. Ee iiij · texte numérisé non relu

Der Has im Pfcffer (Augsbourg i5io), fol. Ee iiij

2. Ci-dessus, t. I, p. 65-70, t. III, p. 386. Voir aussi t. III, p. /J73-475.

3. C'est ce qu'Usingen lui rappelait encore en 1639 : « Quando Augustinianae religionis candidatus eram ego, tu non satis illam mihi poteras commendare ; at nuncderisorejus factuses et destructor ». N. Paulus, Der Augustiner Barth. v. Usingen, p. 17, n. 4. Le prieur des Augustins, Jean Lang, qui, en i5a2, passa à Luther (ci-dessus, t. II, p. 199-203) avait fait lui aussi avant son apostasie l'éloge de la vie religieuse. Parlant de lui, Usingen dit : « Ego saepe ab eo audieram Ordinis commendationem ». Paulus, ouvrage cité, p. 56, n. 2.

li. H.1USRA.TH lui-même écrit {Neue Heidelberger Jahrbiicher, VI, 173) : « Plus tard, se plaçant à un point de vue nouveau, Luther

LUTHER SE CONVAINC DE MENSONGE 4l

il reconnaît non seulement que celui-là fait très bien qui entre au couvent avec liberté et par amour, mais que dans Fétat religieux, « si on le comprend bien », on atteint plus rapidement la fin du baptême que dans tout autre état, et finalement, qu'on s'y prépare à accueillir la mort avec joie i.

La fin justifie les moyens : cet axiome servit également à Luther pour ridiculiser 1 Eglise et l'état religieux. Par contre, il vanta sa doctrine comme le merveilleux spécifique pour bien vivre et bien mourir. Mais, comme nous l'avons vu, toute cette charlatanerie lui fut inutile ; au moment décisif, sa recette se révéla comme une chimère, disons mieux, comme une imposture.

C'est à la mort que se révèle le mieux l'état d'une âme. Alors les sophismes tombent, les illusions disparaissent, les passions se taisent et la conscience se fait

voit en noir tout ce qui s'était passé dans sa vie de couvent et dépeint cette période comme une triste captivité ; pourtant, pendant qu'il était dans le cloître, il n'en était pas encore ainsi. » Ensuite, Hausrath cite le témoignage d'Usingen que nous venons de rapporter, puis vient cette conclusion merveilleuse : « Toutefois, c'est le couvent qui se montra pour lui le plus avare de la paix qu'il cherchait ». Les historiens protestants, on comprend du reste assez pourquoi, ne veulent pas avouer que Luther apostat a fait de sa vie monastique une « légende menteuse » (pour me servir de l'une de ses expressions) (Erl. 20, 203 ; 1637). [Dans l'allemand, il y a un jeu de mots intraduisible en français : liigen veut dire mentir, et Légende, légende. D'où, entre les deux, on a forgé le mot lixgende, qui fait penser à la fois à liigen et à Légende]. Pour un protestant, étudier Luther avec méthode et impartialité équivaudrait à un désarmement.

I. Weim., Il, /479 (iSig), 737(1519). Voir, ci-dessus, t. I, p. 70.

Il2 LA DOCTRINE DE LUTHER ET LA PAIX DE l'aME

sentir d'autant plus vivement que pendant la vie on a cherché davantage à lui imposer silence. Rien d'étonnant que l'histoire nous parle d'une foule de protestants et autres hérétiques qui, à l'approche de la dernière heure, en voyant venir le jugement suprême, ont obéi à l'appel de la grâce, ont abjuré leurs erreurs et sont revenus à l'Eglise catholique. C'est là particulièrement le cas de ces malheureux, surtout des prêtres et des religieux, qui, pendant leur vie, dominés par une passion ou une autre, ont tourné le dos à l'Eglise pour s'affilier à une hérésie. A l'époque de Luther, nombre de protestants, suivant les expressions mêmes des prédicants, « ne pouvaient trouver de consolation dans le sanctuaire évangélique ; » sans même que la mort vînt les menacer, « ils étaient en proie à une profonde tristesse, en arrivaient à se désespérer, tombaient dans l'accablement, )> et finalement rentraient dans l'Eglise catholique i. Alors, ils confessaient (( qu'ils ne trouvaient de consolation véritable que dans cette Eglise, que désormais ils ne voulaient plus lui désobéir, qu'ils ne redoutaient plus les tentations parce qu'ils savaient comment y résister 2.

X. Voir les détails dans N. Paulus, Supplément scientifique de la Germania, 1897, n° 18, p. lAo-i^i. Je ne parle ici que de ceux qui se convertissaient pour des motifs de ce genre,

2. C'est ce qu'en se fondant sur sa propre expérience, nous dit le converti Laurent Albertus dans son ouvrage Verthcidigung und Schutzschrift deren, so sich diser Zeit von den sectischen irrthumben und zwitrachten absundern, und sich in den Frid, Sicherhait und Einhelligkait der cathoUschen, Rôniischen Kirchen begeben. (Défense et apologie de ceux qui à notre époque se sont séparés des erreurs et des discordes des sectes, et se sont réfugiés dans la paix, la sécurité et Vunaniniité de VEglise catholique romaine) (MDLXXIIII), p. 73-78. 11

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