‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 241 sur 278 · LES LOIS DU PROGRÈS RELIGIEUX · texte numérisé non relu

LES LOIS DU PROGRÈS RELIGIEUX

loi et l'Evangile, et conséqiiemment la suppression de la loi inorale (c'est-à-dire des dix commandements) ; et donc, en dernier lieu, pour « le chrétien évangélique » la suppression de toute moralité. Mais inutile d'insister : Harnack lui-même ne considère pas Luther comme un moraliste, mais comme un u Evangéliste)) ; à côté de lui, Mélanchthon est le moraliste dont le rôle « est de corriger la théologie de Luther 1 ». — Et que fut la vie morale du Réformateur ? Mon ouvrage renseigne suffisamment sur ce point. Harnack lui-même écrit, d'une manière il est vrai assez euphémique : u Pour les ombres dans la conduite et le caractère de Luther, les savants protestants ne les ont pas cachées ; ils ont même été en partie les premiers à les faire connaître ^ » .

Pourquoi donc, malgré ces défectuosités, Harnack continue-t-il cependant de vouloir s'attacher à une partie de Luther ? Parce que, par certains côtés, prétend-il, Luther lui apporte une doctrine qu'il salue comme un progrès sur la doctrine catholique : cette doctrine a rompu les liens d'autrefois ; par là même elle a rendu possible, elle a même réalisé un rapprochement avec l'idéal moderne, avec l'idéal religieux

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