LA CRITIQUE DE IIAKNACK : BAGATELLES
donc, Monsieur le professeur, couvert à l'égard de Dieu par un surhomme ! Pourquoi vous surexciter? En vérité, au lieu de se livrer à des pensées mélancoliques, Harnack aurait mieux fait de répondre au reproche que çà et là je lui adresse d'identifier le mot allemand Laster avec le mot vitium chez Augustin. Sur ce point, il garde un silence prudent. Mais en mettant quelque peu sa bonne foi en doute, suis-je vraiment si injuste envers lui ? Regardons-y de plus près. Nous sommes à la pièce capitale de la critique de Harnack.
Immédiatement après la sortie qu'on vient de lire, Harnack continue : « De la page i^S à la page i88, Denifle fait pleuvoir sur nous une érudition absolument hors de propos sur les idées de Thomas et autres docteurs avant Luther au sujet de l'état monastique et de l'idéal catholique de la vie^ ; puis il y rattache (p. i88-2o4) ^ une polémique amère et rageuse contre l'opinion soutenue par Ritschl et par moi (en compagnie de centaines d'autres), à savoir que d'après la conception catholique l'état monastique, en tant qu'état de perfection, était le véritable idéal catholique de la vie (sans du reste que, nous ayons voulu nier le fait bien connu de nous tous que, d'après la conception catholique, la charité est le couronnement suprême de la vie chrétienne, et qu'elle peut aussi s'acquérir dans la vie active) ».
Eh bien 1 parler ainsi, n'est-ce pas tricher au jeu ? Si bien que « celui qui n'y regarderait pas de près pourrait être un instant trompé par la manière déconcertante de l'auteur ^ » ?