L ÉTAT MONASTIQUE ET L IDEAL CATHOLIQUE 9I
Qu'ai-je reproché à Ritsghl? A la page i88', je cite textuellement ses paroles : (( Le christianisme catholique a son idéal de vie dans le monachisme... » Il prétend ensuite que la pratique de la pauvreté, de la chasteté et de l'obéissance « dépasse la. loi générale de Dieu », que, d'après l'enseignement catholique, ce serait par ces vertus que l'homme atteindrait sa fin surnaturelle )j, etc. Enfin « l'état monastique ainsi entendu est'^ la perfection chrétienne ». Eh bien, chacune de ces phrases contient une erreur. Le monachisme n'est pas l'idéal catholique de la vie ; cet idéal se trouve bien plutôt dans l'accomplissement du plus grand des commandements, dans la perfection de Tamour de Dieu et du prochain. Par suite, il est faux que la pratique de la pauvreté, de la chasteté et de l'obéissance déplisse la loi générale de Dieu ; ces vertus sont plutôt des moyens en vue d'accomplir aussi parfaitement que possible cette loi divine générale. La phrase finale de Ritschl est peut-être encore plus fausse ; « L'état monastique est la perfection chrétienne ». A la page 189^;, j'ai fait remarquer qu'ici Ritschl ne fait que reproduire le texte allemand de la Confession d'Augsbourg : « Les états religieux sont la perfection chrétienne ». Avec cette Confession, il confond Vétat de perfection avec la perfection ; il n'a pas même employé l'expression d' « état de perfection » , bien qu'on la trouve dans un passage de Luther cité en note*. C'est précisément pour mettre un peu de clarté dans ces questions que j'aiécritles pages i/i3-i88,où, à en croire Harnack, j'accable les protestants « d'une érudition absolument hors de propos ». S'il y a quelqu'un pour qui elle n'était pas hors de