‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 26 sur 278 · LA MORT DE LÉOPOLD DE STOLBERG · texte numérisé non relu

LA MORT DE LÉOPOLD DE STOLBERG

fait bon mourir catholique i ». <( Ah ! que je suis heureux, » disait le célèbre converti Léopold de Stolbcrg, après avoir reçu l'Extrême-Onction ! Soyez heureux vous aussi, mes enfants ; chantons les louanges du Seigneur et soyons joyeux ». Le jour suivant, le dernier de sa vie, il dit à sa femme : « Je suis beaucoup plus près du but ». Comme elle lui répondait : a Dieu peut faire que nous te gardions encore », le mourant, élevant ses mains jointes, et les yeux tournés vers le ciel dit : « Ah ! que je voudrais pouvoir m'écrier avec cette sainte âme :

« Seigneur, ta volonté soit faite ; Pourtant mon intime désir Serait aussitôt de mourir.

O toi que mon âme souhaite.

Daigne enfin descendre vers moi, Et pour toujours m'emporter près de toi ^ ».

Cette mort joyeuse est le fruit de la vieille doctrine apostolique que, trois cents ans avant Stolberg, Geiler DE Kaisersberg résumait en ces mots : « Tout vrai chrétien, tout véritable religieux doit séparer la chair des os. Quand cela se produit-il ? Lorsque tu souhaites que ce sac de boue se sépare de l'âme noble, c'est-à-dire lorsque tu souhaites mourir, afin d'aller à Dieu, ton maître, non en ce sens que tu désires être délivré de tes souffrances, mais que tu désires te reposer sur le

1. Le célèbre polémiste J. N. Weislinger a publié une brochure sur ce point (Strasbourg, 1744).

2. J. Janssen, Fr. Leopold Graf zu Stolberg. Sein Entwicklungsgang undsein Wirken im Geiste der Kirche, 2' édition (1882), p. 48/j. [La /i* édition a paru en 1910 par les soins de L. Pastor].

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rocher, près de Dieu, ton Seigneur, que tu ne souhaites plus rester en ce monde, que tu dises avec amour avec saint Paul : « J'ai le désir de partir, et d'être avec le Christ^ ».

C'est là un simple écho de ces paroles de saint Cyprien : « Celui qui ne veut pas aller à Jésus-Christ peut craindre la mort, et celui qui ne croit pas qu'il régnera un jour avec Jésus-Christ, ne voudra pas aller vers lui. Car il est écrit : « Le juste vit de la foi ». Si tu es juste, si tu vis de la foi, si tu crois vraiment en Jésus-Christ, pourquoi ne te réjouis-tu pas d'aller à lui ; toi qui dois être avec Jésus-Christ et qui es sûr de ses promesses, pourquoi ne te félicites-tu pas d'être délivré du démon ^ ». Le véritable catholique traduit cette doctrine en pratique ; c'est ce qu'au commencement du XVII* siècle faisait le célèbre converti et adversaire du luthéranisme Jean Pestorius. Sentant sa mort prochaine, il écrivait à Keppler : « Je suis couché, luttant contre une grave maladie qui, selon toute apparence, se terminera par la mort. 11 n'y a censément plus d'espoir ; je n'en suis cependant pas troublé, mais je me prépare de toutes mes forces à ce bienheureux passage qui, après m'avoir délivré des vanités de ce monde, me conduira au Christ, mon Sauveur, et au

1. DerHas im Pfejjer déjà cité, fol. Ee iiij. Voir Ep. ad Philipp,, I, aS ; aussitôt auparavant (v. 21), saint Paul avait dit : « Car le Christ est ma vie, et la mort m'est un gain ». Sur ce verset, saint Thomas fait la remarque suivante (lect. 3^: « Christus est vita nostra, quoniam tolum principium vitse nostrse et operationis est Chrislus... et ideo quando morimur corpore, perficitur nobis vita nostra, scil. Christus, cui tune présentes sumus ».

2. De mortalitate, c. 3, 3 (Migne, Pair, lat., t. IV, col. 58/i).

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