‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 260 sur 278 · Das Mônchtiim, p. 6. [7* éd., 1907, p · texte numérisé non relu

Das Mônchtiim, p. 6. [7* éd., 1907, p

3. Il écrit encore dans son Histoire des Dogmes (Dogmengeschichte), III, 783 : « Luther a attaqué l'idéal de la perfection chrétienne tel que Ta conçu le catliolicisme en entier, et non pas seulement celui du moyen âge. Dans sa lutte contre l'état monastique, contre l'ascétisme, les pratiques particulières, etc., il a combattu cette erreur fondamentale de la spéculation pélagienne que devant Dieu il y aurait quelque chose à avoir de la valeur en dehors de Dieu lui-même. » (Ci-dessus, t. III, p. 385, 386, 388). Ici encore, Harnack se met complètement au faux point de vue de Ritschl. Dans l'ascétisme, dans les pratiques particulières, etc., l'un et l'autre voient l'idéal de l'état monastique, puis, d'une manière générale, l'idéal catholique de la vie, et, comme con- clusion, la vie chrétienne elle-même.

l'état monastique et l'idéal catholique 98

ne mènerait pas une vie chrétienne ! Et que Harnack ne vienne pas me répondre que ce n'était pas là sa pensée, car sa manière de s'exprimer témoigne constamment du contraire. Dans son Essence du Christianisme, à la page 81, il écrit que Jésus « a eu conscience d'être /cFils de Dieu », et à la page suivante, il l'explique en disant que c'est là un titre qu'il n'a donné « qu'à lui seul-»^. [Si «l'état monastique est la vie chrétienne », c'est donc bien qu'il est le seul à être la vie chrétienne].

Pourquoi des procédés aussi peu séants ? Si pourtant nous étions au bout ! Mais que peut bien signifier la phrase que Harnack met entre parenthèses ? Est-elle là pour dire au lecteur que l'idéal catholique de la vie consiste dans la perfection de la charité, vers laquelle tout le monde doit tendre, et que Harnack ne l'ignorait pas ? Mais s'il en était ainsi, il n'en serait que moins excusable d'écrire que l'état monastique est Tidéal catholique de la vie, ou même qu'il est la vie chrétienne. En outre, puisque cette conception catholique est « bien connue », notamment de Harnack, pourquoi, dans les endroits de ses écrits où il parle de l'idéal catholique de la vie, n'en fait-il jamais mention? A la page 9 de son Monachisme, il va même jusqu'à opposer l'amour de Dieu à la sainteté monastique qu'il n'a pas comprise : « Jésus-Christ, dit-il, a mis au premier rang le plus simple et le plus diiricile de la loi, la charité envers Dieu et envers le prochain, et il l'a opposé à toute sainteté cérémonielle et à toute morale raffinée^ ».

1. Bas Wesen des Christentums. p. 81-8:2. [U Essence du chrisUa nisine, 1907, p. iSB-iôg].

2. Pour être juste, je dois noter que d'après Harnack, au VI' siècle « on fit en Occident cette découverte» (!) que l'homme trouvait son salut uniquement dans le don de sa volonté à Dieu par la foi et la charité, qui n'étaient produites que par la grâce divine donnée dans les sacrements : par là, l'homme arrivait à la perfection morale {Das Mônchtnm, p. 38 ; 7° éd., 1907, p. ho).

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