LA. CRITIQUE DE HARNACK : BAGATELLES
Puis, pourquoi vient-il aujourd'hui prétendre que je combats l'opinion soutenue par Ritschl et par lui qu'en tant qu'état de perfection, l'état monastique est le véritable idéal catholique de la vie ? En réalité, dans tout son opuscule sur le monachisme, Harnack n'a pas écrit une seule fois ce mot d'état de perfection. Or c'est uniquement contre cet opuscule que je me suis élevé : il est facile de s'en convaincre en parcourant les parties de mon ouvrage dont il s'agit ici. En tout cela, Harnack ne cherche qu'à se tirer d'un mauvais pas ; mais il n'est parvenu qu'à s'embourber davantage : en écrivant ce mot à'état de perfection, il répète une expression qu'il ne comprend pas.
« Nos idées sur ce point, dit-il, sont admises par Denifle lui-même, non seulement à l'endroit où il nous attaque, mais encore quarante pages auparavant ». Puis, il cite une partie de mon exposé sur la doctrine de saint Thomas touchant les conseils et l'état de perfection^, et il reproduit mes citations de saint Bernard et de saint Thomas. Son jugement final me dispense de reproduire ici ce passage de son article : il conclut avec emphase : « Dans le catholicisme, à côté de l'état monastique, conçoit-on un autre état qui soit aussi la perfection ; y en a-t-il un autre que l'on nomme ainsi ? Non ! » Cher Monsieur, que d'ignorance et d'inintelligence, puisqu'il faut enfin en venir à des mots quelque peu énergiques i Dans le «catholicisme », on n'a jamais considéré l'état monastique comme « la perfection » ! Mon « érudition hors de propos » n'a donc pu parvenir à vous apprendre qu'entre état de perfection et perfection tout court il y a une différence
Mais qu'est-ce que Harnack «ntead par ià ? Et d'après sa conception des siècles suivants du moyen â^e, qu'y est-il demeuré de tout cela ^ « Des pratiques », « de l'ascétisme », « des pénitences », « des règlements », etc.