‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 271 sur 278 · LE (( DOGTOR PLENUS ». LE MARIAGE DE LUTHER I I · texte numérisé non relu

LE (( DOGTOR PLENUS ». LE MARIAGE DE LUTHER I I

La réponse de Seeberg, comme celle de Harnack, se termine par des suggestions qui touchent à la politique. A la fin de ses articles du Journal de la Croix, il trouvait que mon livre « était intéressant pour les hommes de science » ; dans son tirage à part, le même livre ne devient intéressant que «jusqu'à un certain point )). On aura insinué à Seeberg la petite restriction pour mieux amener ce qui suit, à savoir que mon livre « reste sans intérêt pour l'Eglise protestante. » Toutefois u ce livre peut devenir un danger pour la paix confession-

vera dans la Psychologie de Luther et du Protestantisme, livre III. — A la p. 73-7/1, Denitle et Seeberg s'entendent pour dire qu'à proprement parler Luther n'a pas de système, de construction logiquement ordonnée; toutefois, ajoute Denifle, et Seeberg avec lui, il a vine conception générale, un ensemble de vues ; et cet ensemble de vues, dit Denifle, découle de son axiome que « la concupiscence était absolument invincible », qu'elle était le péché originel subsistant en nous, et que la justice du Christ nous était imputée par la toi. — A la p. 85, Denifle dit qu'en somme il importe assez peu qu'ayant son mariage Luther se soit oui ou non mal conduit : « Pour le chrétien croyant, qui avec le Luther de la première période et avec l'ancienne Eglise tout entière jusqu'à lui voit dans la rupture des vœux du religieux l'un des plus énormes sacrilèges, ce mot de mariage n'a pas de sens : son vœu de chasteté privait pour toujours Luther du droit de conclure un mariage légitime. En passant outre, il a été et il est demeuré un concubinaire, tout comme si avant son mariage il avait vécu avec une femme. La seule différence, c'est que dans ce dernier cas, son concubinage n'eût eu qu'une forme transitoire, et que, par là même, il eût été moins grave que ce que les protestants appellent <( son mariage»; car ce mariage n'était qu'une cohabitation durable, bien que défendue et coupable. Cette cohabitation, qui a dit à Luther quelle était permise ? Il n'a donné aucune preuve d\ine mission divine : sa doctrine était l'œuvre de ses mains ; pas plus qu'il n'avait le droit de changer l'objet de la foi, il n'avait donc le droit de modifier la règle des mœurs.

Il8 LA CRITIQUE DE SEEBERG : DETAILS

nelle ; c'est au catholicisme à voir s'il doit encourager ce danger ou s'y opposer ^ ».

C'est 3i\ec la même pointe que se termine déjà la première section de cette réponse 2. Comme Harnack, Seeberg a l'espoir que parmi les coreligionnaires de Denifle « il s'en trouvera plus d'un dont la valeur chevaleresque se lèvera en faveur du diffamé ». En exemple, il cite un journal politique, la Germania, qui regrette mon u manque de politesse », et rejette le soupçon que mon livre doive être considéré comme (( une attaque de Rome contre le protestantisme ». Ce dernier point est exact ; je ne puis cependant féliciter la Germania de recevoir de tels compliments et d'une telle bouche 3. Seeberg ajoute : a Mais cela nous mène

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