L4 PAIX CONFESSIONNELLE
critiques protestants n'y voient sans doute rien qui soit de nature à troubler la paix confessionnelle, puisqu'ils n'ont pas le moindre mot pour les blâmer ! Et sur les sociétés où tous les moyens sont bons pour attaquer l'Eglise catholique, le mouvement Los von Rom, et la Ligue évangélique i, et la Société Gustave Adolphe^, c'est de leur part le même complet silence ; alors au contraire qu'en qualité de guides intellectuels, ils devraient rappeler à la modération. Mais si un pauvre religieux isolé, armé de la seule science du moyen âge, propose un problème scientifique et essaie de le résoudre par les seuls moyens scientifiques, ce sera à qui rassemblera contre lui la meute la plus formidable, tandis que, le knout en main, on commandera aux catholiques de se laire. Pourquoi donc ne
proprement i)arler que de la polémique contre les « Romains » ; et cela non pas aujourd'hui seulement, mais depuis nombre d'années. C'est là un fait qui saute aux yeux, et que les protestants eux-mêmes ne songeront pas à nier, non pas même Kolde et LôscHE, malgré leurs interminables bavardages.
1. Sur l'Evangelischer Biind, voir Buciiberger, Kirchliches Handlexikon, I (1907), col. 781-782 ; Realencyklopddie fiir proiestantische Théologie and Kirche, III, 5^9 et suiv. ; et tout spécialement Der Evangelische Bund, Sein Wei'den, Wachsen und Wirken, par II. Hiittenrauch (secrétaire général de l'association), Hambourg, 1912, ouvrage paru à l'occasion du aô' anniversaire de la fondation de la Ligue. Voir, en outre, ci dessus, t. I, p. LV, n. h (N. d. T.).
2. Le Gustav AdolfVerein a été fondé en 1882 à Leipzig; il a pour but de soutenir les communautés protestantes dans les pays catholiques. Désormais, il est représenté dans tous les Etats de l'Europe ; en 1906, il comptait /|5 associations principales, 2.02 1 filiales, 665 associations de femmes et 5 d'étudiants. Jusqu'en 1903, il avait distribué près de A5 millions de marks. Voir Buchberger, Kirchliches Handlexikon, I, col. 182 1 où Ton trouvera une bibliographie suffisante (N. d. T.).
pas laisser mon œuvre ce qu'elle est et ce qu'elle a toujours voulu être, une œuvre scientifique, non destinée au grand public !
L'intention est trop claire pour que je ne la dénonce pas ici publiquement : il s'agit d'intimider les catholiques, non seulement dans la presse, mais encore dans les recherches scientifiques. Ils n'ont pas le droit de croire à la justesse de mes appréciations, ni même d'affirmer leur foi ; par là, ils troubleraient la paix confessionnelle, et seraient justiciables de la hache du bourreau. Comment qualifier une telle attitude? Depuis quand est-ce par des raisons d'un opportunisme politique que l'on résout les questions de ce genre, au lieu d'y apporter les préoccupations d'une science impartiale? Pourquoi donc sera-t-il défendu à un théologien catholique d'examiner mon livre sans parti pris, avec les dates que j'y donne, et d'approuver mes conclusions, au cas où mes arguments lui paraîtront probants ? Et qui êtes-vous. Monsieur, pour vous permettre de commander le pas de marche aux théologiens catholiques ? Qui vous y autorise ? Votre passé de protestant rationaliste ! Le point de vue de votre brochure vous enlève même tout droit de dire un seul mot sur cette question.
Assurément, les catholiques a renaissants » * de toutes nuances, s'empresseront d'approuver le verdict
I. Sur les catholiques « renaissants » ou catholiques réformistes, progessistes, voir Weiss, Die religiôse Gefahr, 190/4, pp. 296-