‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 40 sur 278 · Ci-dessus, p. 62 et suiv., etc · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 62 et suiv., etc

6. Opéra exeg. lat., XXII, Sig (i534) •' « Quando verbum pure docelur, tune extirpantur mali doctores, et semper prœdicationem evangelii sequitur reformatio impise doctrinœ et vitœ quœ prœcessil ».

6o LA DOCTRINE DE LUTHER ET LA VIE MORALE

parfaitement sa vie et celle des siens ; il s'est lamenté assez fréquemment à ce sujet, du reste d'une manière stérile. Il savait fort bien aussi que ces mœurs n'étaient qu'une conséquence de sa doctrine, que cette doctrine poussait à une vie d'immoralité. On le lui objectait souvent, comme il le reconnaît lui-même à mainte reprise i. Ses partisans et ses protecteurs d'autrefois le reconnaissaient aussi, u Ces hommes que j'avais connus purs, loyaux ^t sans détours, écrit Erasme en i53o, se sont mis, dès qu'ils ont passé à la secte, à parler de filles, à jouer aux dés et à négliger la prière; ils sont devenus âpres au gain, d'une susceptibilité étrange, vindicatifs, calomniateurs, vains, avec des mœurs de vipère ; on dirait qu'ils ont abdiqué tout ce qui est humain 2. » Wicel, autrefois luthérien, et témoin de la vie des partisans de Luther, écrivait en i532 : (( La secte de Luther a introduit dans les mœurs un désordre dont tous gémissent; si l'on y trouve encore quelque crainte de Dieu, quelque chose de bon, de moral et d'honorable, c'est un reste de Vétat ancien, mais qui n'a pas crû dans la secte elle-même. Car, montrez-m'en un sur mille qui d'irréligieux et de mauvais est devenu pieux et bon en se faisant luthérien. Pour moi, au contraire, il ne me sera pas difficile de vous en montrer qui naguère pieux, doux, aimables et rangés sont devenus tout l'opposé avec cet Evangile 3. » Et en 1539: (( On vit comme si Dieu n'existait pas, on

Page 1