‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 44 sur 278 · Ci-dessus, t. III, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, t. III, p

adversaires défiguraient sa doctrine i. Afin d'écarter toute ombre qui aurait pu assombrir cette doctrine, il se mit même à prêcher la morale ; il se tourna contre ceux qui, se confiant à la foi seule, prétendaient que sans l'adjonction des œuvres, elle suffisait à les faire aller au ciel : sans les œuvres, disait-il alors, la foi était une foi fausse 2, etc. ; tandis qu'au contraire, dans d'autres circonstances, mis au pied du mur, il avait attribué à sa foi morte tous les effets imaginables 3.

En même temps, il a l'habileté de mauvais aloi de rejeter sur des causes étrangères la raison d'une décadence morale qui empirait chaque jour davantage. Tout d'abord, évidemment, c'était Satan qui lui jouait

1. Opéra exeg. lat., IV, 190 (in Gènes., c. 18) (vers i538) : « Papistae dépravant studiose nostra dicta, ut suam causam ornent. Cum enim dicimus, hominem non justificari operibus, affirmant, nos bona opéra prohibere etdamnare. Taies viperae sunt Cochlœus, Witzelius et alii. Haec sunt Satanica mendacia virulentorum et pessimorum hominun ». Voir aussi Opéra exeg. lat., XXIII, 1Z17 (i534).

2. Erlangen, 8, i5/i. Voir, en outre, 19, 35/1 (i53i^ ; A9, 67, 193 (i538); li'], 245-246 (i53o-i532), etc. Les protestants ont tellement insisté sur ce point (ce qui du reste est fort compréhensible), qu'ici un catholique n'a pas de peine à trouver des textes. [Voir, par ex., Walther, Fur Luther, 1906, p. 55o n. i]. Mais, ils n'ont pas voulu avouer que c'était là une tactique du Réformateur, que par là, Luther était infidèle à sa pensée fondamentale, à savoir que la foi seule, sans les œuvres, nous méritait le salut ; que les œuvres ne servaient de rien à la piété et au bonheur éternel, qn'elles ne regardaient pas Dieu et qu'elles n'avaient aucun rapport avec lui, mais seulement avec le prochain. Voir ci-dessus, t. m, p. /410 ; Erlangen, i4, 289 et suiv. (i52/i), et souvent ailleurs.

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