Weimar, I
3 II écrit lui-même fort justement : « Lorsqu'on entend quelqu'un, on se dit : « Je vois bien par ton chant quel oiseau tu es». Erlangen, i5, 189. Il est tout de même caractéristique de voir KôsTLiN oser écrire que, plus tard, c'est-à-dire après i5i6, les expressions « vraiment crues » apparaissent « çà et là dans ses
preuve qu'en même temps que la foi, toute délicatesse de sentiments a disparu chez lui. Sa langue est celle des hommes les plus vulgaires !
On l'a constaté déjà dans la manière dont, à partir de 1 52 1 , il attaque les ordres et les vœux monastiques i . Et, depuis lors, nous avons maint autre exemple de sa trivialité. Le i5 avril 1621, les docteurs de la Sorbonne condamnent sa doctrine. La même année, il leur répondait : « Oui, chers petits ânes, on vous fera asseoir sur des sièges rembourrés, et on vous gorgera de lamproies^ ; puis, si votre ventre gargouille, et que vous veniez à lâcher un pet, vous voudrez sans doute nous le faire prendre pour un article de foi ^ » . Du reste, cet homme de sentiments si élevés aimera tout particulièrement à nous entretenir des gens qui « pètent » ! En 1022, il écrit un pamphlet avec le titre : « Contre
Propos de Table, mais qu'on ne les trouve plus jamais dans les discours d'édification » (Martin Luther, 3* édit., i883, I, 126). Ainsi, on fait violence aux faits les plus avérés pour en arriver à la conclusion : plus il était proche de l'Eglise, et plus il était cynique. Ce qu'on vient de lire prouve précisément le contraire. Pour excuser Luther, Kostlin dit (p. ia5) que « pour être plus pratique, il a employé quelquefois des expressions allemandes très crues » ! Dans la cinquième édition, publiée par les soins de Kawereau (1908), ces trouvailles de génie, si je ne me trompe, ont disparu, probablement parce que, comme nous allons le voir cidessous (p. 82, n. i), Waltz avait affirmé qu'au foyer de la famille, Luther n'avait jamais été grivois.