LUTHER ET LES JUIFS 9I
pour être une obscénité I D'ailleurs, il sait fort bien que Luther ne se faisait pas scrupule le moins du monde de livrer des obscénités au public ; car les exemples qu'il donne dans ses remarques sur les proverbes, et qui sont tirées des écrits publiés par Luther, sont pour la plupart beaucoup plus lestes que les proverbes eux-mêmes i.
(( L'homme de Dieu » tomba aussi sur les Juifs. Dans son pamphlet Du nom incommunicable et de la généalogie du Christ, il le fît même jusqu'à l'insanité ^.
1. J'ai déjà fait remarquer (ci-dessus, t. III, p. l^?>o, n. i) que Thiele avait la main beaucoup plus heureuse pour les références sur les grivoiseries de Luther que pour identifier ses citations. Au t. IX de l'édition de AVeimar, p. /i33, il a trouvé, il est vrai, un passage de saint Augustin ; mais c'est uniquement parce qu'au tome IV, p. 693, dans l'édition du même sermon, Kawerau l'avait déjà indiqué. — Le passage de Weimar, IX, 4 16, 3o lui a donné beaucoup de tracas ; contre toute raison, il adopte comme texte confessas, sans pouvoir tomber sur confessuros. — Malgré l'abréviation fort claire dans la remarque de la page l\ii, 3o, qui exige offenderentiir, il écrit offenderetar. — P. 425, sur le passage : que nous devons être les ânes du Seigneur, il se réfère au sermon bien connu de Link, alors cependant que la source première, pour Link aussi bien que pour Luther, était le Missale Ord. Erem. S. Aug. (Venetiis, looi), où parmi les nombreux et beaux répons et versets de la bénédiction des rameaux au dimanche du même nom (fol. 61), on trouve celui-ci : « Sis plus ascensor tu, et nos simus asellus ». — Parfois, Thiele en prend à son aise pour ses indications ; à la p. /iSg, il cite : Aug. k" de Trinitate ; d'autres fois, sa science le laisse en plan, par exemple, à la page ^28, où il n'indique pas la référence de la citation de saint André : « O crux, suscipe discipulum ejus... )>. — L. dans « Contra Latomum L. ». p. koo, ne signifie pas « libro » mais « Lovaniensem » — Thiele est môme incapable de renseigner sur l'hymne Verhum supernum que cite Luther dans Weim., VII, 890. [Hymne des Laudes de la Fête-Dieu]. Mais en voilà assez.