Même passage
rienne », ont tenu à faire assaut de grossièretés.
S'ils en étaient au moins restés là! Mais Luther continue : (( Le diable n'a pas réfuté mes raisons ; il ne le pouvait pas. )> Ainsi, tout s'est terminé pour le mieux? Eh bien, pas du tout ; car il ajoute : a Pour couper court à la tentation, et me détourner de ces vaines pensées, souvent j'ai appelé ma femme, et cetera^. » Cet et cetera doit évidemment cacher des recettes très curieuses pour chasser le démon de la mélancolie ; pourquoi donc Luther appelait-il sa femme?
Nous savons déjà comment il cherchait à chasser la tristesse et l'angoisse, l'une des plus dangereuses tentations. Pour le point qui nous occupe en ce moment, après avoir dit que « ces pensées angoissantes et les tristesses qui les accompagnent l'ont beaucoup plus accablé que tous ses ennemis et tous ses travaux, après les avoir appelées les armes les plus stit^es de la mort, il ajoute : « Pour chasser ces tentations, je n'ai rien trouvé ; j'en suis venu même à serrer ma femme dans mes bras, pour chasser enfin par les excitations de la chair ces pensées de Satan 2. » Voilà donc pourquoi Luther appelait sa femme.
A son ami intime, Jérôme Weller, qui depuis i53o
1. Ibld. : (( Seepius vocavi uxorem... ut tentationem prohiberem et avocarem me ab illis vanis cogitationibus ».
2. Tagebuch iiber Martin Luther, gefuhrt von C. Cordatus, édit. Wrampelmeyer (i885), p. A5o. Voir, ci-dessus, t. II, p. 128-129. D'autres récits concordent de tous points avec ceux-là. On lit, par exemple dans les Martini Lutheri Colloquia, éd. Bindseil (i863- 1866), II, 299 : « Haï pessimœ cogitationes me plus vexaverunt, quam omnes mei infiniti labores. Quoties meam uxorem complexus sum, nudam contrectavi, ut tantum Sathana? cogitationes illo pruritupellerem. Mais tout cela était inefficace : nolebat cedere ».