Décret, lil
CONTRE LA PAPAUTÉ ROMAINE, l545 lOI
de pape sera seul pasteur de brebis, et tous les apôtres de vulgaires gardeurs de cochons K »
11 fait dire au pape que par les mots : « Pais mes brebis », la domination temporelle lui a été donnée sur tout ce qui existe. Et alors, voici le dialogue qu'il établit entre le pape et lui : « Oui, oui, gentille petite papesse, quand tu seras en haillons, que le diable et sa mère te raccommodent. Mais ne crains-tu pas que Dieu te frappe de ses éclairs et de son tonnerre, qu'il entr'ouvre le sol et te précipite dans les abîmes de l'enfer, toi qui falsifies et blasphèmes si abominablement sa parole ?» — (Le pape) : « Ah ! ah ! ah ! que Dieu te bénisse, monsieur le cochon 2. Pensez-vous donc, ivrognes d'Allemands, que nous soyons aussi fous que vous, et que sur Dieu et sur votre Christ mort depuis si longtemps, nous voulions croire toutes ces farces et toutes ces comédies ? — (Luther) : « Ah ! Mais alors, pourquoi t'appropries-tu donc ses mots de « pierre », de « clés » et de « pasteur »? — (Le pape) : « Mais, mon cher, il vaut mieux gouverner les brutes que de l'être par elles. Ne sais-tu pas que qui veut prendre des mésanges doit se servir d'un appeau, et que qui veut prendre des chrétiens doit apprendre à parler comme eux? C'est pourquoi, bons chrétiens, nous devons nous servir de votre foi pour vous prendre ; par là, nous pouvons vous tenir et vous mener, vous autres brutes d'Allemands, où et comme nous le voulons, tout comme on mène les ours par un anneau qu'on leur passe au nez ; de cette manière-là