‹ Luther et le Luthéranisme (volume 2)Chapitre 85 sur 278 · I. Ed., 26, p · texte numérisé non relu

I. Ed., 26, p

a. « Bon profacit, mi ser porko ».

VOUS ne vous élèverez plus au-dessus de nous, et vous ne jouerez pas avec nous comme l'ont fait vos ancêtres les Goths, les Lombards et certains empereurs. » — (Luther) : k Grand merci, Monsieur l'âne, pour cette bonne information, pape satanissime M » — Et Luther ajoute : « Ah ! si j'étais empereur, je sais bien ce que je ferais. Je ferais attacher deux à deux tous ces impies polissons, le pape, les cardinaux et toute la racaille papale, puis je les ferais conduire seulement à trois milles de Rome, dans la direction d'Ostie...; là se trouve une petite étendue d'eau, appelée (( la mer tyrrhénienne », bain excellent contre toute peste, dommages et crimes de sa sainteté le pape, des cardinaux et de tout son saint siège; je les y plongerais et baignerais proprement. Et si, comme c'est en général le cas pour les possédés et les fous, ils venaient à avoir peur de l'eau, pour plus de sûreté je leur attacherais la pierre sur laquelle ils sont établis, eux et leur Eglise ; j'y joindrais les clés avec lesquelles ils peuvent lier et délier tout ce qui est au ciel et sur la terre, afin qu'ils pussent commander à l'eau autant qu'il leur plairait. J'y ajouterais un bâton pastoral et une massue pour leur permettre de frapper l'eau au visage jusqu'à ce que la gueule et le nez lui en saignent 2. Comme pâturage et breuvage délicieux et rafraîchissant, il leur faudrait aussi tous les décrets, décrétales, Sextes, Clémentines,

I. Cette dernière phrase, de même que celle de la note précédente, est en italien macaroniqiae : « Gremmerze, mi ser asine, pro la bon informatione, satanissime papa)) ! Toujours des turlupinades. '§

a. [Sic].

CONTRE LA PAPAUTÉ ROMAINE, l545 I03

Extravagantes, bulles et lettres d'indulgences, de beurre, de fromage et de lait, pendus à leur cou, afin de leur permettre de les emporter avec eux. Que pariez-vous qu'après être restés une demi-heure dans ce bain de salut, leur peste, dommages et crimes diminueraient et cesseraient merveilleusement ? Je m'en porterais volontiers garant, et comme caution de ma parole, je ne craindrais pas d'engager le Christ mon maître i. »

Voici la conclusion du pamphlet : « Ainsi donc, âne de pape avec tes longues oreilles d'âne et ton maudit fourneau à mensonges, ce n'est pas de ta grâce que les Allemands ont l'empire romain, mais de Charlemagne et des empereurs de Constantinople ; nous ne te le devons pas pour la largeur d'un cheveu ; mais au contraire tu nous as volés à satiété, avec tes mensonges, tes fourberies, tes impiétés et tes idolâtries ; de même qu'avec les évêques tu as agi comme le diable, les trompant d'abord à coups de mensonges, puis avec tes palliums, tes serments et tes taxes. ))

(( Mais il faut que je m'arrête ; si Dieu le veut, je ferai mieux dans un autre petit livre. Si je meurs, qu'il accorde qu'un autre te traite mille fois plus durement que moi. Car la papauté satanique est le dernier des malheurs de la terre, et le plus grand qu'avec toute leur puissance les diables puissent inventer. Que Dieu nous soit en aide. Amen 2. »

Ainsi Luther se désirait un successeur qui fût mille fois plus dur que lui pour le pape. Dans un

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